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Avis de vents nationalistes et cyniques sur l’île de Tristesses

Audrey Le Roy - 07.05.2018

Culture, Arts et Lettres - Théatre - théeatre nationalisme tristesse - femme carrière politique - Danemark ile femmes


Il était une fois, dans une petite île danoise appelée Tristesses, Ida Heiger. Ida est déjà âgée, elle est la mère d’une jeune femme ambitieuse, Martha, partie faire une carrière politique sur le continent et qui est devenue une des figures du Parti du Réveil Populaire. 



© ChristopheEngels

 

Ida, elle, a choisi de rester vivre sur sa petite île, avec son mari et ses voisins, qu’elle affectionne. La vie économique de l’île est inexistante depuis la fermeture des abattoirs, tous les habitants sont retournés sur le continent pour retrouver un travail… pour vivre. 


Tous sauf huit. Huit qui sont restés sur place. Petite communauté issue, quasiment, de la même famille. Enfin, disons sept, car en ce jour Ida Heiger a décidé de se suicider.

Tristesses a un cadavre comme nouvel étendard, car Ida s’est pendue au drapeau national, là-haut, tout là-haut, en haut du mât qui doit faire une dizaine de mètres.


Comment y est-elle montée ? Ne posez donc pas de questions stupides !


La descendre ? Non ! Martha a été très claire, ne rien toucher avant qu’elle n’arrive… dans 24h. Après, seulement, on pourra effectuer la descente du corps, procéder à l’office et… parler de l’avenir de l’île, le Parti a de beaux projets ! 

 

La mise en scène d’Anne-Cécile Vandalem, est audacieuse. La vidéo, pouvons-nous dire le cinéma (?) y a une place omniprésente au point où l’on ne compte plus les minutes où la scène reste vide de tous comédiens. Mais pour une fois cela ne dérange pas, nous sommes embarqués dans cette histoire où l’on rit. Oui, on rit beaucoup… et ça fait mal ! 

 

On s’en voudrait presque de rire… je m’en suis voulu. Mais le cynisme y est manié avec tant de brio que le temps de s’exclamer « mon Dieu ! » (bien qu’il n’ait rien à faire ici), il est trop tard, on a ri. 2 h 10, de malaise, de froid, de spectres, mais également de pureté portée par la voix incroyable de Françoise Vanhecke (Ida Heiger), spectre chantant hypnotisant. 


Est-ce un thriller ? Je ne sais, à vous de vous faire une idée, une fresque représentant la nature humaine, dont nous n’avons pas à nous vanter, certainement ! 

Tristesses, un spectacle d’Anne-Cécile Vandalem – Das Fräulein (Kompanie) du 5 au 27 mai au Théâtre de l’Europe. 




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