Bart De Wever donne des frissons à la Belgique

Cécile Mazin - 05.02.2013

Culture, Arts et Lettres - Salons - Bart de Wever - Foire du livre de Bruxelles - censure


La Foire du livre de Bruxelles commence donc par une polémique : touchant aux éditions du Cri, qui souhaitaient inviter l'un de leurs auteurs, Bart de Wever, leader de la Neuw-Vlaamse Alliantie (N-VA). Mais manifestement le politique n'a pas respecté les conditions d'inscription qui sont demandées à tout éditeur. La foire qui doit se tenir du 7 au 11 mars entre donc dans un bras de fer certain.

 

 

 

 

Bart de Wever devait être présent pour présenter Derrière le miroir, son dernier ouvrage, qui est une compilation de chroniques parues dans les journaux De Morgen et De Standaard. Les éditions du Cri ont traduit ces textes et les ont publiés. Le problème, ce sont les prises de position du bourgmestre d'Anvers : on lui connaît en effet des éclats nationalistes qui ont nécessité, en novembre 2007, des excuses publiques adressées à la communauté juive. 

 

Le politique avait alors fait l'unanimité... contre lui. Dans son intervention, il avait évoqué la controverse des historiens, sur la question de l'Holocauste. En février 2012, il avait de nouveau fait parler de lui, certains n'hésitant pas à se demander s'il n'y avait pas du négationnisme dans ses propos et son comportement. 

 

À l'occasion de la Foire, Bart de Wever ne devait pas prendre part à une dédicace, mais simplement à une conférence de presse, pour défendre son livre. Or, l'impossibilité pour l'éditeur de présenter l'auteur et le livre résulterait d'une simple et pure censure, estiment les éditions du Cri, rapporte Le Soir.

 

Mais la commissaire générale de la Foire, Ana Garcia, réplique, rejetant une pareille accusation : « Nous avons un calendrier à respecter et l'éditeur du Cri ne nous a transmis son dossier qu'aux alentours du 20 janvier, soit au moment où nous devions avoir tout bouclé ! » 

 

Pas vraiment du goût de la maison, et son patron, Christian Lutz, enfonce le clou : « Ana Garcia est vexée et veut montrer que Bart De Wever n'est pas la star de la Foire du Livre! C'est pour ça qu'elle nous met dehors !  » Et, montant sur les grands chevaux de la liberté d'expression bafouée, il dénonce le comportement de l'organisation. « J'en ai marre qu'on me fasse perdre un temps précieux pour un Calimero qui ne respecte pas les procédures que tous ses collègues doivent respecter », renvoie la commissaire générale. 

 

Pour la presse belge, dans tous les cas, cette polémique sert évidemment les intérêts de Bart de Wever, adepte, selon certains, de la démagogie et du populisme dans ses interventions. Les élections belges doivent intervenir dans 15 mois, et manifestement, ce type de polémique alimente la campagne.