Booker Prize : critiques contre un présent qui pue l'ennui

Clément Solym - 16.09.2010

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - pullman - hensher - critiques


Les écrivains Philip Pullman et Philip Hensher ont vivement critiqué la dernière sélection du Man Booker Prize car la moitié des oeuvres en lice sont écrites au présent. Une sorte de mode dans la narration acutelle qui n'est pas du goût des deux auteurs.

Selon Philip Pullman cet engouement pour ce temps se répand de plus en plus et limite les options offertes aux écrivains. Il s'insurge de voir que gamme de proposée par la langue anglaise ne soit pas plus utilisée et affirme ne plus lire de romans écrits au présent parce que cela ne procure « rien d'autre que de l'ennui ».
 
De son côté Philip Hensher fustige les écrivains qui pensent que le présent rend leurs écrits plus vivants : « L'écriture est vivante si elle est vivante. Un changement de temps ne fera pas ça pour vous ». Et d'assener par la suite : « Ce qui était autrefois un effet rare et intéressant commence à devenir totalement conventionnel. Une partie des romans de la première sélection du Booker me semble suivre aveuglément la mode ».

La dernière sélection du Man Booker Prize compte six titres dont la moitié sont écrits au présent (les ouvrages de Tom McCarthy, Damon Galgut et Emma Donoghue) et l'autre moitié dans des temps du passé (les ouvrages de Peter Carey, Andrea Levy et Howard Jacobson).

De son côté le président du jury de cette année du Man Booker Prize, l'ancien Poet Laureate, Sir Andrew Motion, estime que la dernière sélection est équitable : « Nous sommes convaincus d'avoir choisi des livres qui montrent une riche variété de styles et de thèmes qui en tout cas procurent un profond plaisir personnel ».