Booker Prize : sorti du Commonwealth, point de salut ?

Clément Solym - 15.10.2013

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Booker Prize - Commonwealth - écrivains


NoViolet Bulawayo, romancière originaire du Zimbabwe est sur toutes les bouches : première femme africaine à être en liste pour le Book Prize, elle est donnée favorite assez largement. We Need New Names, son livre, raconte l'histoire d'une jeune fille de 10 ans qui échappe à la pauvreté et fuit aux États-Unis, pour y rencontrer de nouveaux problèmes...

 

 

 

 

 

Le grand favori, Jim Crace, n'est toutefois pas en liesse, et il l'exprime : selon lui, la décision des organisateurs du prix que d'accueillir des auteurs étrangers au Commonwealth, à compter de l'année prochaine ne pourra que conduire à une dégradation du célèbre prix. Si l'on limite aux auteurs de langue anglaise, l'an prochain, États-Unis et bien d'autres pourront concourir. 

 

Le Commonwealth, souligne-t-il, c'est une fédération de pays comptant 54 États membres, anciennes colonies ou protectorats britanniques. « Ce ne fut pas toujours une histoire heureuse, mais il y a une solidarité et une entente entre nous, l'Angleterre, l'Irlande, le Zimbabwe, la Nouvelle-Zélande, le Canada, l'Inde, et tous les pays qui composent le Commonwealth. C'est ma peur. Je m'inquiète de perdre cela. »

 

Julian Barnes, autre auteur britannique, lauréat du Booker en 2011, partage cependant ces appréhensions. Il redoute que les écrivains britanniques ne soient relayés au rang d'outsider, et que les grands livres américains ne balayent tout sur leur passage. 

 

Jhumpa Lahiri, originaire d'Inde, lauréat du Pulitzer en 2000 et qui siège au comité sur les arts et les sciences humaines du président Barack Obama, y voit au contraire une opportunité. Au moins devrait-on l'ouvrir aux auteurs américains, estime-t-il. 

 

Quant à Bulawayo, dont on ne cesse de parler, elle serait la quatrième lauréate africaine après J.M. Coetzee en 1983 et 1999, Nadine Gordimer en 1974 et Ben Okrien en 1991, originaire du Nigeria.