Brive-la-Gaillarde : Brassens, Charango et Bashô à la Foire du livre

Nicolas Gary - 08.11.2013

Culture, Arts et Lettres - Salons - Foire de Brive la Gaillarde - gaastronomie - livres


Sous la pluie, la ville de Brive sourit malgré tout. Elle s'est parée de ses plus beaux atours pour accueillir l'édition en liesse. Parce que « tu vas voir ce que tu vas voir, Brive, c'est exceptionnel ». Alors quand vient la première fois, au sortir du célébrissime « train du cholestérol », les premiers pas sont légèrement anxieux. Pour les cadors du métier, ils sont simplement enivrés. 

 

Brive sous la pluie, ça ne vous a pas de senteurs romantiques, mais des arômes de cèpes et de civet de lièvre. Quant à sa foire, c'est une littérature toute gastronomique qu'elle promet. L'espace est vaste, sous des néons qui n'ont rien de ceux d'un hôpital, et dans ses premières heures, la foule se presse tout de même. Une longue file d'attente, sous les gouttes, attend de s'engouffrer sous la tente, à la rencontre des auteurs présents. 

 

 

La Corrèze, à son rythme

 

 

C'est connu, d'ailleurs, la pluie, ça donne envie de chanter - ce doit être le même genre de causalité que la douche, qui fait pousser la chansonnette. Et avec Brive, le choix s'impose de lui-même : sur la place du 14 juillet, on imagine les matrones de Brassens. Sauf que la pluie, ça donne plus envie de contempler, silencieux, la Corrèze qui s'agite, en écoutant Otherwise de Charango. 

 

 

 

Tout un poème, cette histoire. Quitter l'hôtel, marcher un peu jusqu'au centre névralgique, et s'arrêter, frappé, par les offres cette fois plus culinaires que livresques. 

 

 

 

 

C'est un joli poème, comme un haïku incomplet. Tentons de l'achever, façon Bashô :

 

Boudins chauds, châtaignes

Brive, ah, Brive, Brive... Ah, ah, Brive ! 

Nature, aux oignons

 

Et ça vous a soudain une tout autre gueule, cette histoire de boucherie.

 

Mais Brive est donc à la fête, et si au-dehors, « un ciel bas et lourd pèse comme un couvercle », on aime bien la Gaillarde, qui trois jours durant vibrera au rythme de sa Foire. Pour certaines grandes maisons, ce sera l'occasion de faire son marché, d'ailleurs, au risque de commettre la fameuse hécatombe, ce ne sont plus des gaillardes qui rendront les coups, mais des indépendants décidés à conserver leurs auteurs. 

 

 

 

 

A moins que la police ne s'en mêle, et comme on le sait, « c'est un usage bien établi, dès qu'il s'agit d'rosser les cognes, tout le monde se réconcilie ».

 

Chiche ?