Buenos Aires : Vargas Llosa calme le jeu

Clément Solym - 20.04.2011

Culture, Arts et Lettres - Salons - foire - livre - argentine


C'est qu'il avait fait fort, le prix Nobel de littérature, Mario Vargas Llosa. A l'approche de la Foire du livre de Buenos Aires, en Argentine, le romancier avait essuyé une salve de critiques, en réponse à quelques déclarations malvenues.

« Je souhaiterais qu'il ne soit pas invité », avait assuré Horacio Gonzalez, directeur de la Bibliothèque nationale d'Argentin à la presse. Vargas Llosa n'y était pas allé de main morte. « L'Argentine traverse la pire forme de péronisme, de populisme et d'anarchie. Je crains que ce ne soit un pays incurable », déclarait-il, ou encore, bavant sur la présidente, il avait déploré qu'elle fût un exemple « de pauvreté intellectuelle ».

Mais l'Argentine avait su pardonner. (notre actualitté)

Sauf que l'on n'est jamais trop prudent, et Vargas Llosa, quelques heures avant que ne débute la Foire avait tenu à préciser qu'il venait en paix. « Je ne suis dans aucune logique de provocation. [...] Je ne veux pas donner l'impression que je viens en Argentine pour critiquer la présidente. [...] Ce serait faux, de mauvais goûts », expliquait-il au Clarin, cité par l'AFP.

Et pourtant, il n'a pas pu s'empêcher d'en remettre une couche, estimant que les mesures politiques de Cristina Kirchner ne lui « semblaient bonnes ni pour l'Argentine, ni pour aucun pays ». Pas d'accord, mais pas non plus invité d'honneur à la Foire pour qu'éclate un scandale.

Au point que les organisateurs aient dû organiser deux inaugurations, pour faire en sorte que la présidente et le Nobel de littérature ne puissent se croiser durant la même journée.

Vargas Llosa est hier intervenu dans un long discours, évoquant le défi que l'Amérique latine rencontre partant de régimes populistes, jusqu'à la quête de liberté.

Voir le site internet de la manifestation
, qui se déroule du 20 avril au 9 mai.

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