Canada : consultation nationale sur la concurrence étrangère

Clément Solym - 23.07.2010

Culture, Arts et Lettres - Salons - canada - consultation - lois


En dépit des lois protectionnistes en la matière, le gouvernement canadien avait offert à Amazon de s’introduire dans le marché national. Une situation inexcusable pour les libraires qui mettaient en avant des lois refusant que des acteurs étrangers possèdent des services de distribution canadiens. (en savoir plus)

Malgré l’opposition de l’opinion publique, le gouvernement poursuit sur sa lancée et modifie les lois. Permettant du même coup au géant de la vente en ligne de disposer de son propre réseau de centres de stockage dans le pays. Les effets ne se font pas attendre. Obligés de se soumettre aux dépôts canadiens d’éditions canadiennes, les libraires facturent des livres jusqu’à deux fois plus chers que la version américaine.

Pour reprendre un exemple, le deuxième opus de la saga Millenium se vend 7,99 USD chez Random House, quand il coûte 13,50 dans le catalogue de Penguin Canada. Une situation qui pousse les acheteurs à se tourner vers des sites marchands comme Amazon pour acheter étranger sur le sol national.



            Aperçu du site de vente en ligne canadien Indigo


Alors que l’association des libraires canadiens poussent paradoxalement à « acheter américain » et du même coup forcer le gouvernement à faire demi-tour, des indépendants comme Ben McNally qualifiaient cet appel de « comportement scandaleux », « égoïste » et de «vision à court terme ». Au cœur de la polémique, le gouvernement fédéral, qui n’en est pas à son premier revirement, se décide à changer les lois et apporter une plus ample protection aux libraires et éditeurs nationaux.

« Comportement scandaleux »

Dans cette situation anarchique, Ottawa en appelle aux Canadiens et les invite « à partager leurs opinions sur l’industrie des éditions locales et si des changements doivent être réalisés sur la politique étrangère d’investissement dans le marché du livre ».

Une prospection nationale qui a pour but d’établir « un paysage éditorial drastiquement différent » et qui concerne « beaucoup moins les boutiques avec pignon sur rue que les géants comme Amazon » selon les termes du ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles, James Moore.

Les participations doivent être soumises sur le site prévu à cet effet et sont acceptées jusqu’au 18 septembre. Après quoi des tables-rondes seront organisées avec certains des participants sélectionnés. Une décision ministérielle est attendue en 2011.

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