Christophe Tison, lauréat du Prix du style 2019

Clara Vincent - 20.11.2019

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - prix littéraire 2019 lauréat - Prix du Style 2019 - Christophe Tison


Hier soir, mardi 19 novembre, le jury du Prix du style a récompensé Christophe Tison pour Le journal de L., paru aux éditions Goutte d’Or en août dernier. 
 

Créé en 2005 à l'initiative de l’écrivain Antoine Bueno, le Prix du style récompense chaque année un ouvrage qui témoigne –tel que son nom l'indique – de qualités stylistiques. 

Christophe Tison ressort donc lauréat de cette 5e édition du Prix du style, sur une liste qui avait retenu 9 ouvrages. À cette occasion, il a reçu un chèque dont le montant en euros est égal au nombre de pages du livre primé, soit 279 €.

Né en 1961 à Amiens, Christophe Tison entame des études de Philosophie à la Sorbonne avant de devenir journaliste pour des magazines ainsi qu’à la télévision. Il publie deux premiers ouvrages entre 1986 et 1989 aux éditions Balland, avant de publier chez Grasset Il M’aimait. Un récit autobiographique dans lequel il revient sur son enfance saccagée par un ami pédophile de ses parents. Les ventes du livre en font un best-seller, et c’est avec ce dernier que Christophe Tison commence à véritablement être remarqué dans le champ littéraire. 

Il signe avec Journal de L, son 10e ouvrage. Un roman inspiré du journal intime du personnage de roman Lolita, écrit par l’écrivain russe Vladimir Nabokov en 1955. Avec ce personnage, dont l’histoire retrace le kidnapping par son beau-père, Christophe Tison s’est trouvé des affinités. Avec Journal de L, il a choisi d’adapter le livre de Nabokov en donnant à lire le point de vue de la jeune fille. 

Note de l'auteur sur le site de l'éditeur : 

Écrire le journal intime d’un personnage de roman ! Une étrange idée qui m’est venue en relisant Lolita il y a deux ans. À l’époque, j’ai pensé : ‘Mais dans Lolita on n’entend jamais Lolita, en fait, ou seulement quand elle râle.’ Tout est écrit du point de vue de son kidnappeur de beau-père, Humbert Humbert. Le mutisme de cette petite héroïne m’a touché. Il m’a rappelé le mien. Mon silence. Celui que j’ai vécu enfant et que j’ai décrit dans Il m’aimait (Grasset).
À travers le temps et les continents, et même malgré sa fiction, cette mésaventure était la mienne. Il fallait que je lui donne une voix, qu’elle parle, qu’on entende enfin Lolita. Et quoi de mieux qu’un journal intime où elle se serait confiée pleinement, sans pudeur. Où elle aurait dit la vérité. Parce qu’après tout, le roman de Nabokov est présenté comme les confessions d’Humbert Humbert et il peut dire ce qu’il veut, travestir la réalité, n’en montrer qu’une partie.
Voyons donc le point de vue de Lolita. »



Le jury était composé cette année de Nicolas Carreau, Isabelle Motrot, Anne-Sophie Rouveloux, Sophie Obadia, Irène Frain, Pierre Vavasseur, Véronique Cardi et de Marie-Françoise Marais. Il a salué le livre de Christophe Tison pour son « étonnant exercice de style consistant à compléter l'oeuvre de Nabokov pour enfin donner à Lolita une voix, celle des femmes et des victimes. »

L’an dernier, le Prix avait été décerné à Pauline Delabroy-Allard, pour son premier roman Ça raconte Sarah paru aux Éditions de Minuit.

Le Journal de L — Christophe Tison —Goutte d’Or — 9791096906161 – 19,50 €


Dossier : Retrouver toutes les chroniques de la rentrée littéraire 2019

Retrouver la liste des prix littéraires français et francophones


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