Cicéron, véritable boute-en-train et homme d'humour à Rome

Clément Solym - 06.04.2009

Culture, Arts et Lettres - Salons - Cicéron - boute - train


Mary Beard avait créé l'événement en annonçant la découverte d'un livre de blagues écrites par les Romains, peuple que lo'n imaginait toujours plus austère qu'en réalité. Intervenue durant une conférence Classical Association/Classical Association of Scotland, qui se déroulait à Glasgow la semaine passée, elle est revenue sur cette découverte et à livré à l'assistance plus de détails et d'exemples.

En voilà une qui n'aura d'ailleurs pas fait rire le brave Cicéron, justement : un certain Gaius Sextus n'avait qu'un oeil, et invite un ami à dîner. Ce dernier regard l'orbite vacant et lui répond : « Tiens, je vois que vous avez la place pour un autre ! » Personnellement, j'apprécie. Mais Cicéron la trouvait moyenne. Voire bof... Mais surtout, Mary a réussi à montrer que Cicéron, pourtant redouté des élèves pour sa pesanteur, était l'un des plus spirituels Romains de l'époque.

Car on s'intéressait plus à l'époque, semble-t-il, à celui qui fait la blague, qu'à la boutade elle-même. Manifestement, rire de soi-même n'était pas tout à fait du goût des Romains - encore qu'on trouvera chez Horace des preuves évidentes du contraire, quand il s'accuse par exemple d'avoir lâchement abandonné le champ de bataille...

Mary aura également précisé que l'humour romain était placé sous le signe de la dérision, et que pour eux, certains termes comme "estomac" étaient drôles en eux-mêmes, ou plus probablement à entendre ? On retrouvera cet exemple que les latinistes ayant traduit le Pro Milone trouveront à leur goût.

Dans l'affaire, Cicéron défendait Milon, accusé d'avoir tué Clodius : on lui demande « Quand Clodius est-il mort ? » et Cicéron de répondre : « Sero. » Ce qui signifie à la fois tard, sous-entendu dans la journée, mais également trop tard, sous-entendant également qu'on aurait dû en finir avec le bonhomme depuis des siècles. Hilarant, n'est-ce pas ?

De quoi donner envie de se souvenir que le latin et le grec font en plus mieux réussir les élèves...