Combat surréaliste, acrobatique et déjanté de “Un Poyo Rojo”

Nicolas Gary - 28.05.2018

Culture, Arts et Lettres - Théatre - poyo rojo théâtre - athlète comédiens argentins - pulcino pio radio


Certains se souviennent probablement de l’insupportable chanson sortie en juillet 2012, Il pulcino Pio. Non ? Mais si : sur fond d’horrible musique informatique, une voix robotisée racontait les aventures d’un poussin dans une radio... Toujours pas ? Tant pis.



 

 

Les premières minutes passées avec Alfonso Barón et Luciano Rosso dans le spectacle Un Poyo Rojo laissent sans voix. Une exemplaire synchronisation des mouvements, une coordination presque parfaite... et des grimaces totalement impensables. Nous y sommes : durant plus d’une heure, les deux hommes vont accomplir des prouesses physiques dignes d’athlètes, reportant l’objet de leurs déhanchés si loin que l’esprit finit par l’oublier.

 

Ils gesticulent, se déplacent par des mouvements inimaginables : une agilité et une souplesse qui rivalisent avec la fluidité constante des mouvements. Mais où diable veulent-ils en venir ? Surtout qu'ils ne prononceront pas une parole, à peine quelques bruitages ou onomatopées...

 

Que l’on vire à l’affrontement – sans aucune effusion autre qu’un peu de sueur et un crachat – ou à l’acrobatie, cette représentation laisse les spectateurs médusés d’admiration, et pourtant hilares. Sur scène se combinent des approches qui mêlent danse classique, capoeira, hip-hop, mime, farce bouffonne et performance sportive. 

 

Tout en même temps, sans n’être rien de tout cela. Avec un sens du mimétisme hallucinant, ils iront même jusqu’à reproduire un véritable combat de coqs, dans une interprétation qui ne laisse aucun doute : les deux bonshommes sont plus que talentueux.

 


 

Mais alors, à quoi assiste-t-on ? Pour les enfants, ce sont deux clowns qui, dans une sorte de vestiaire de salle de sport, vont se plier aux contorsions les plus fantastiques. Et leur sens de l’humour fait rire aux éclats, étonne, prend de court. 

 

Pour les adultes, on hésite : et si l’on se trouvait à observer une forme de parade nuptiale complexe, si structurée et organisée qu’elle en paraît totalement chaotique ? D’autant que, ici ou là, il semblerait bien qu’entre les deux acteurs, quelque chose se trame – une tentative de séduction inédite.

 

Ils sont deux sur scène, mais un troisième leur prête main-forte : un poste de radio, dont les stations vont et viennent, permettant aux comédiens d’improviser des mouvements, de créer, chaque soir, une nouvelle dynamique. Compagnon de leur ballet moderne, c’est en même temps le premier témoin de ces chorégraphies à couper le souffle. 

 

Mais alors quid de ce poussin qui se retrouvait dans une radio ? Facile : Alfonso Baron laisse à son concitoyen Argentin Luciano Rosso le soin de lui donner vie. Et cela donne précisément cela : 

 

 

Alors, ça ne vous rappelle toujours rien ? 

 

Représentation au Théâtre Antoine, jusqu’au 16 juin encore, du mercredi au samedi. À partir de 23 €.  


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