Coût de la sécurité en festivals : des “traitements à géométrie variable”

Nicolas Gary - 11.07.2018

Culture, Arts et Lettres - Salons - festival coût sécurité - police facturation sécurité - Françoise Nyssen Sénat


À peine le décret établissant un conflit d’intérêts découvert – et qui la décharge de presque tout ce qui concerne le livre –, la ministre de la Culture avait rendez-vous au Sénat. En cause, la taxation confortée par la circulaire Collomb, découverte ce 15 mai. Elle impose aux festivals, quelle que soit leur nature, de payer les frais inhérents à la présence de gendarmes ou policiers...

 

Le liver sur les quais 2017
ActuaLitté, CC BY SA 2.0 (photo d'illustration)
 

 

Le sénateur Cédric Perrin (Les Républicains) évoque ainsi l’ouverture « en demie teinte » des festivals musicaux, inquiétés par la circulaire du ministre de l’Intérieur. Rappelons que cette circulaire concerne l’ensemble des festivals, bien que ceux musicaux aient plus attiré l’attention. 

 

Certes, les préfets sont invités à faire preuve de discernement, ainsi que l’ont conjointement dit Françoise Nyssen et Gérard Collomb. Mais ce terme reste flou, « tant le discernement varie d’un territoire à l’autre ». La hausse des charges liées à la sécurité n’en menace pas moins le devenir des festivals, mettant en péril « l’offre et l’initiative culturelles de nos territoires », poursuit le sénateur. 

 

Les festivals à but non lucratif ne sont pas concernés par ce principe, mais « encore faut-il que ce dernier soit appliqué ». Des « traitements à géométrie variable », entraînante des « conséquences mortifères », auxquelles la locatrice de la rue de Valois est invitée à répondre.

 

Frais de sécurité : les festivals sont devenus
“la vache à lait de l’État”

 

« Leviers de rayonnement et de dynamisme économique certain », reprend Françoise Nyssen, les festivals « témoignent de la vitalité de la création artistique, suscitent la ferveur autour d’artistes, ainsi que de talents émergents ». Elle reconnaît que leur écosystème est fragilisé par l’alourdissement de leurs charges. 

 

Mais la ministre prend à rebours : c’est la hausse du cachet des artistes qu’elle met en avant, en premier lieu. Un point qui résulte du « phénomène de concentration et de rachats de festivals par de grands groupes ». Une mission interministérielle sera diligentée à ce titre.

 

Sauf que la menace terroriste implique des mesures de sécurité, et « ces dernières ont un coût ». Certes, la circulaire du 15 mai a apporté des clarifications sur la facturation des services d’ordre. Leur montant « doit toujours rester compatible avec l’équilibre économique des festivals », relève-t-elle. Les évolutions de montants doivent être discutées en amont avec les parties. 

 

Les DRAC seront chargées de revoir avec chaque préfet la situation, pour ne fragiliser personne. À ce titre, Serge Kancel, inspecteur général des affaires culturelles du ministère de la Culture, avait été nommé référent permanent et transversal pour les festivals, deux jours avant que la circulaire Collomb ne soit dévoilée. 
 

Les festivals d'été paieront cher leur sécurité :
bon vent quand même

 

Reste la question du caractère non lucratif des manifestations, qui demeure crucial, et sur lequel reviendra brièvement le sénateur... 

 

Et on ne sait toujours pas pourquoi le fonds de 15 millions €, alloués aux salles de spectacle après les attentats du Bataclan, n’a pas été reconduit pour 2019, après avoir été raboté à 4 millions pour 2018 ?





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