Crise sanitaire, économie : Genève privilégie “un salon en ville” pour 2020

Nicolas Gary - 26.06.2020

Culture, Arts et Lettres - Salons - Geneve salon 2020 - salon Palexpo Genève - salon ville Genève


« Face à la menace du coronavirus et son impact sur les grandes manifestations, nous avons décidé de prendre la sage décision de reporter la 34e édition du Salon du livre de Genève à l’année prochaine du 28 avril au 2 mai 2021. Afin de soutenir la chaîne du livre, la Fondation pour l’Écrit proposera, aux dates initiales du salon, un programme littéraire, le Salon du livre en ville, à Genève », indique l'organisation du salon.

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Les exposants ont, ce 26 juin, reçu le message du Salon du livre de Genève : cette année 2020, définitivement complexe pour tous, ne verra pas l’événement se dérouler comme d’habitude. En revanche, un salon en ville se tiendra du 28 au 1er octobre, dans divers lieux.
 

Le coronavirus, traînée de poudre


« L’idée est de célébrer le livre et de proposer des formats de rencontre originaux au cœur de la ville », indique la Fondation pour l’Écrit, qui travaillera de concert avec le Canton de Genève. Pour les exposants qui avaient déjà envoyé leur inscription, celle-ci va être annulée et les frais déjà payés seront remboursés, précisent les organisateurs.
 
« Les acteurs commerciaux ont été mis à mal et plusieurs nous font part de leur désistement. Les normes sanitaires sont encore contraignantes et une partie du public ne souhaite pas les grands rassemblements », note Claude Membrez, directeur général de Palexpo, auprès de ActuaLitté.

Cette transition en ville, donc, s’accompagnera de « dédicaces, conférences, causeries, rencontres, etc. Le livre vit, la culture également. Le livre s’exporte en ville sous l’égide du Salon. Le livre a besoin de soutien, nous sommes présents. » 
 

Le goulot d'étranglement


Au cœur de cette refonte, de multiples enjeux : d’abord, le changement de date originel, alors que le salon passait de fin avril, début mai, au mois d’octobre. « On n’évacue pas trente années d’habitude pour les visiteurs si facilement », commente un exposant. Officialisé en mai 2019, et découlant de problème d’agenda avec le Salon international de la Haute Horlogerie, ce déplacement de la manifestation n’avait pas vraiment contenté l’ensemble des partenaires.

Notamment parce que cette date coïncidait, à quelques jours près, avec la manifestation de Francfort. « On pouvait légitimement se demander comment des partenaires comme le Québec allaient jongler avec cette proximité de dates », précise une éditrice. Et plus encore, pour le Canada, invité d’honneur de la foire allemande en 2020.

Les éditeurs québécois, toujours très satisfaits de leur présence à Genève, auront encore fort à faire. Un ballet diplomatique entre le Canada et l’Allemagne se tient depuis des mois, pour obtenir le report de l’invitation d’honneur. En effet, pour la Foire du livre de Francfort, le Canada devait être au centre des attentions. Mais en regard de la pandémie et de multiples désistements, le pays préférerait repousser à 2021 son engagement.

« On ignore encore bien des choses », nous confirmaient les opérateurs québécois. « Et tout dépend beaucoup de Francfort. En l’état, il y aura des livres et une représentation, mais dans quelle mesure ? Et il faut encore jongler avec les éléments logistiques, comme la reprise des vols et les mesures sanitaires. »
 

Année 2020, au z'oubliettes


Pour rester dans les cuisines internes, le confinement n’a pas manqué de jouer : les pertes économiques des différents acteurs finissent par peser lourd. « Je ne peux pas me permettre d’investir l’argent que coûte le salon cette année », assure un éditeur parisien. Conclusion : moins d’exposants, moins de maisons ou de partenaires — comme les établissements Payot, qui prenaient en charge l’îlot jeunesse, avec la remise du prix Enfantaisie, entre autres animations.

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Une éditrice jeunesse nous assure que cette édition aurait été importante : plusieurs publications avaient été aménagées pour coïncider avec l’événement. « Il faut repenser les choses », soupire-t-elle. Et à regret, parce qu’elle envisageait bien de prendre un espace personnel, justement pour accroître sa visibilité.

La conclusion s’imposait pour l'organisation : une édition privée de nombre d’éditeurs et d’auteurs ne pouvait se tenir correctement. Et plutôt que d’amorcer une année blanche, le report en ville offrait l’alternative nécessaire. 
 

Envahir Genève de lecture


Natacha Bayard, nouvelle directrice de la manifestation, pointe « une décision qui ne pouvait pas être prise à la légère. Cela impliquait de repenser l’ensemble de l’événement, bien entendu, et pour l’heure, le projet de cet automne est en cours d’élaboration. »

Car l’objectif demeure : offrir un moment de célébration, « dans la continuité du modèle de salon en ville initié l’an passé. Nous travaillerons avec des partenaires locaux culturels, mais pas uniquement. » Il faudra attendre la fin de l’été pour avoir une vision plus globale et précise du déroulé des événements.

De même, en l’absence d’exposants sur l’espace de Palexpo, les rencontres professionnelles — les Assises de l’édition — ne se tiendront pas cette année.

photos : ActuaLitté, CC BY SA 2.0


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