Cristina Kirchner et Jean-Marc Ayrault inaugurent le Salon du Livre de Paris

Antoine Oury - 20.03.2014

Culture, Arts et Lettres - Salons - Salon du Livre de Paris - Cristina Kirchner - Jean-Marc Ayrault


Reçue dès hier au Palais de l'Élysée, Cristina Elisabet Fernández de Kirchner, présidente de l'Argentine, ne pouvait manquer l'inauguration du Salon du Livre de Paris 2014. Accompagnée par Jean-Marc Ayrault et Aurélie Filippetti, elle a salué la politique culturelle française, sur fond de 50e anniversaire de l'accord de coopération culturelle, scientifique et technique signé par le Général de Gaulle, et de... Mafalda.

 

 

Cristina Fernández de Kirchner et Jean-Marc Ayrault

Cristina Fernández de Kirchner et Jean-Marc Ayrault (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 


« Ce qui nous unit, ce sont d'abord une histoire commune et des valeurs partagées, l'héritage des Lumières a inspiré l'émancipation de l'Amérique latine, et l'Argentine contemporaine en conserve toute l'empreinte », a commencé le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Ces valeurs, a-t-il souligné, permettent de protéger la liberté d'expression, de combattre les disparitions forcées et la peine de mort.

 

« Cette latinité que nous avons en partage s'appuie aussi sur la vivacité de nos échanges » : 400.000 Français se sont exilés en Argentine entre 1880 et 1910, et certains ont laissé d'importantes traces sur leur passage. Le Premier ministre cite ainsi Jean-Baptiste Charcot, marin et explorateur, mais aussi Clémenceau, Jaurès ou « l'aérospatiale (sic) de Mermoz et Saint-Exupéry ».

 

Pendant les années de la dictature militaire, la France est à son tour devenue « terre d'accueil pour les exilés argentins ». Le Premier ministre n'oublie pas la littérature : « Je pense bien sûr à Jorge Luis Borges, si proche d'Henri Michaux ou de Roger Caillois, Julio Cortazar, qui sut si bien rendre l'atmosphère intellectuelle et artistique du Paris des années 1950, Joseph Kessel, né et éduqué en Argentine. »

 

Et, bien sûr, « le père d'Astérix, René Goscinny, qui passa son enfance à Buenos Aires. Ernesto Sabato, qui vécut à Paris dans les années 30 ». « Français et Argentins se ressemblent fort », rappelle-t-il en citant le Général de Gaulle. Le Premier ministre s'est ensuite fait le promoteur du Salon, en promettant « des débats passionnants ».

 

Jean-Marc Ayrault a également eu un mot pour l'autre célébration, en cette année 2014 : « Le Festival de la BD d'Angoulême a récemment été l'occasion d'honorer Quino, et d'élever Malfada (sic bis), qui fête 50 ans d'une éternelle jeunesse, au rang d'Officier de la Légion d'Honneur. » Une bonne occasion d'écorcher son nom avec la médaille, probablement.

 

Par ailleurs, le Programme d'Aide à la Publication Victoria Ocampo, du nom de la célèbre éditrice argentine, fête également ses 30 ans. « Vous avez créé de votre côté le programme Sur, qui favorise le rayonnement de votre littérature à l'étranger », rappelle Jean-Marc Ayrault en s'adressant à Cristina Kirchner.

 

Le chef du gouvernement a souligné que la France aidait « ceux qui sont engagés dans la révolution numérique, sans sacrifier des points essentiels : le prix unique du livre, qu'il soit vendu sous une forme classique ou numérique, avec un taux de TVA identique », selon le principe de neutralité technologique. « La France défend d'ailleurs le droit d'auteur dans les instances européennes et internationales », a-t-il ajouté, sans oublier l'importance des librairies indépendantes.

 

La présidente Cristina Kirchner a ensuite enchaîné sur un discours, en espagnol, qui n'était pas traduit.