Dans la peau d'un scénario...

Clément Solym - 20.03.2011

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - vuillermoz - scenario - folco


Les bancs du stand du Motif (Observatoire du Livre et de l'écrit en Ile-de-France) ne sont pas assez nombreux pour le public venu écouter aujourd'hui Michel Vuillermoz et Philippe Di Folco parler du scénario. Mathieu Almaric n'ayant pu être présent pour cause d'un empêchement, ils ont su animer avec humour et légèreté une conférence-débat avec un public un peu timide.

L'imaginaire sans barrières

L'un est écrivain, l'autre est un comédien de la Comédie Française. Tous deux sont actuellement en collaboration sur un travail de comédie noire. Leur amour du burlesque, de Kafka accompagnent leur idée d'une oeuvre basée sur la liberté. Ils se disent assumer leur fainéantise. Ainsi, passer une après-midi à dormir plutôt que de travailler est possible dans la vie d'un scénariste !


Tout est possible pour Philippe Di Folco. A retenir ! Ne pas se priver de l'intervention d'une soucoupe volante ou d'une invasion d'éléphants roses dans son prochain film juste parce que l'on manque d'argent. L'imaginaire doit être célebré. C'est vrai ! Sinon, on ne fait pas de film ! Quel délice de pouvoir entendre cela. Même le siège de Philippe Di Folco en rebondit d'enthousiasme !

Scénariste, le détective du film

Philippe Di Folco ne croit pas à une école de scénaristes. Lui, il a appris dans les cinémathèque de Chaillot et de République, en engloutissant trois films par jour (le dur rythme des étudiants de la Sorbonne...). Et cela pendant trois ans. Ce qui permet de comprendre (les maths sup/ maths spé au fond de la salle ont vite réagi) le calcul de 3000 films ingurgités.

Et à Michel Vuillermoz de se servir de ce résultat pour justifier de sa calvitie précoce...

Le plaisir comme ligne de mire

Les deux compères affirment que les drogues ne sont pas nécessaires lorsque l'on désire. Si l'on débride sa puissance d'imaginaire alors la tension seule de son rapport au monde suffit à donner naissance aux plus grands délires (les moins convaincus trouvent quand même des substituts.)

Mathieu Almaric n'étant pas là, Philippe Di Folco qui a travaillé avec lui sur le scénario du film Tournée le cite: « On a passé notre temps à voler du temps ». Ainsi, Almaric et Di Folco pendant leur écriture se sont enfermés dans la maison d'une amie et ont célébré un repas du KFC, et de là a surgi l'idée d'introduire la nourriture dans le film. C'est comme ça. La réalité surgit d'elle-même.


« Il était une fois »...ça commence toujours ainsi

Alors comment s'effectue le passage de l'écriture romancée au cinéma? « Comme ça ! » répond Philippe Di Folco, auteur de nombreux romans, essais et même de poésie. Il est guidé par son seul besoin de fiction à satisfaire. Raconter une histoire, donner de la joie et emmener les gens: voilà ce qui conduit l'artiste. Artiste, oui, car comme le soutient Michel Vuillermoz, mettre en scène une pièce classique comme vouloir s'imposer dans l'écriture de scénario necessite une veritable force de créativité.

Difficile de faire durer un débat sur un tel sujet : un scénario, quelle drôle d'idée! Il ne faudrait pas livrer tous ses petits secrets à l'assistance, et puis, on attendra le chef-d'œuvre de la collaboration pour mieux pouvoir en discuter ! La discussion se conclut néanmoins avec cette position de l'écrivain solitaire qu'il ne faut pas garder en mémoire. Non ! Un auteur ce n'est pas qu'une ombre dans le noir qui se fige à sa table lorsque la pluie inonde sa chambre de bonne. Enfin, si c'est un peu cela...Mais c'est aussi un voyage, un partage à effectuer autour d'une table avec du vin, du pain frais!