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De Avignon à Chalon, les intermittents du spectacle toujours mobilisés

Antoine Oury - 24.07.2014

Culture, Arts et Lettres - Théatre - intermittents du spectacle - Chalon dans la rue - grève et manifestations


Le Festival d'Avignon mobilise peut-être la majeure partie de l'attention, mais les fronts se multiplient pour les intermittents du spectacle. Les travailleurs de la culture contestent depuis le début de l'année la signature d'une convention chômage jugée défavorable par un grand nombre d'entre eux. Menés par la CGT-Spectacle, ils multiplient les actions au cours des manifestations estivales, Chalon dans la rue étant l'une des dernières en date.

 


Chalon dans la rue

Chalon dans la rue, édition 2011 (Sylvain Naudin, CC BY-SA 2.0)

 

 

Le festival, qui entamait sa 28e édition hier, s'est accordé aux revendications des intermittents du spectacle : un vote avait été organisé la veille, selon un mode opératoire désormais habituel dans les rangs des mobilisés. Les urnes ont parlé : sur les 343 votants, 73 % se sont prononcés en faveur d'une grève.

 

Le maire de la ville, Gilles Platret, a fait les frais de l'importante mobilisation : le discours inaugural de l'élu a été annulé suite aux huées qui se sont abattues sur lui. Des grévistes l'ont notamment interpellé sur la polémique  de l'arrêté anti-mendicité institué par la mairie : « Ces activistes ne représentent absolument pas l'immense majorité des intermittents du spectacle, qui expriment depuis plusieurs semaines leurs inquiétudes légitimes quant à l'avenir de leur régime d'assurance-chômage » a réagi l'élu divers droite.

 

En réaction, le maire a demandé au premier ministre d'associer les villes organisatrices de festival à la concertation en cours entre les différents partis, sous l'égide de Jean-Patrick Gille, le médiateur nommé par le gouvernement. « Depuis que ce débat est lancé sur la scène nationale, les grandes absentes de ce dialogue, ce sont les villes qui portent et organisent les festivals d'art de la rue, comme c'est le cas de Chalon-sur-Saône. Il est essentiel que le gouvernement écoute les villes organisatrices, qui ont leur mot à dire sur la condition des intermittents qu'elles connaissent parfaitement », a souligné le maire.

 

L'organisation du festival, via la voix du directeur artistique Pedro Garcia, a rappelé son soutien entier aux intermittents : « Le festival se fait avec des intermittents et se fera encore avec eux. Nous sommes avec eux », a-t-il déclaré.

 

Ce jeudi, sur les 180 compagnies qui investiront les rues de Chalon, entre douze en quinze seront en grève, selon les estimations des organisateurs. Mais l'inauguration a tout de même été annulée, remplacée par les dizaines de pancartes de croix blanche sur fond noir, adoptée comme signe de soutien aux intermittents.