De colère et de furies, Jane Eyre dans un splendide ballet

Victor De Sepausy - 03.07.2019

Culture, Arts et Lettres - Théatre - Jane Eyre - Charlotte Brontë - ballet Marston


À l’origine, il y a cette héroïne, mise au monde sous le pseudonyme de Currer Bell, par une jeune femme, Charlotte Brontë. Et Jane Eyre fut. Sous la forme d’une autobiographie, mais fictive, la vie de cette fille, orpheline, perdue dans une enfance sans amour, ou quasi, et infiniment malheureuse. Et il y a les œuvres qui en découlent, comme ce nouveau ballet, de Cathy Marston.



De la langue anglaise, il semble que Jane Eyre soit l’une des œuvres les plus prisées : un film tous les dix ans, depuis 1910, une quinzaine de séries télévisées, autant ou presque de feuilletons radiophoniques, deux opéras, quatre comédies musicales, et une symphonie.

N’en jetez plus ? Ah si : un ballet chorégraphié par Cathy Marston, troisième dans le genre pour ce roman. 

Tout le monde connaît Jane — ou devrait. Piquante, sarcastique, en colère contre le monde et elle-même, et réclamant le respect qu’elle estime mériter. Et dans tout ballet, ce sont les émotions qui prédominent, puisque le texte est moindre : la danse sublime les paroles et les gestes. Et celui de Marston vient de couper le souffle de plus d’un.
 
Développé par le Northern Ballet, au Royaume-Uni, en 2016, il est actuellement joué au Metropolitan Opera House du Lincoln Center. Avec une attention toute particulière portée aux furies dont Jane fait l’objet. Une Jane qui évolue avec le temps du récit, dont Vox donne une superbe lecture. 

On peut en retrouver ici une présentation, dans les coulisses et durant la préparation, voilà trois ans, de cette œuvre.
 


Cette autre vidéo, sur scène, donnant un aperçu plus global du désarroi qui la gagne, de ces protagonistes qui tournent autour d’elle. Car la chorégraphe a choisi de mettre face à Jane un coryphée, dans la plus pure tradition du théâtre tragique grec, baptisé D-Men – D, pour Death, mort, ou Demon, démon, évidemment. 
 
Des hommes, parce qu’explique Marston, « ils l’empêchent de devenir la personne accomplie qu’elle se sait être et qu’elle veut être. Quand elle se retrouve seule, ces voix masculines résonnent dans sa tête pour s’endormir. »  
 


Ou encore, dans cette plus brève bande-annonce diffusée début juin — c’est la première fois qu’un ballet consacré à Jane est proposé sur le territoire américain, manifestement.
 


Marston est férue, comme elle le reconnaît bien volontiers, de littérature : elle s’est déjà lancée dans le Lolita de Vladimir Nabokov, le D.H. Lawrence et son Lady Chatterley ou encore Les revenants d’Henrik Ibsen, tous adaptés en ballet par ses soins. 

Terriblement fidèle aux sources textuelles, dans une tradition très britannique d’adaptation, elle revendique également l’influence suisse du Bern Ballett, qu’elle dirigea durant six années. L’Allemagne et ses propres codes se mêlent à sa fibre britannique, et le texte se trouve parfois rehaussé d’autres choses, différemment exprimées.
 
Ici, Devon Teuscher incarne Jane et James Whiteside joue Rochester. Une nouvelle vie, supplémentaire, pour cette figure féminine.


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