De Google Books à Hadopi, cette 'solution exagérée'

Clément Solym - 30.05.2011

Culture, Arts et Lettres - Salons - eric - schmidt - google


La semaine dernière, à l’occasion de l’e-G8 organisé par Nicolas Sarkozy (notre actualitté), Éric Schmidt, le patron de Google, a été invité à parler de Google Book.

On le sait, Google est un poids lourd de l’économie numérique. Avec 26 300 employés et 29, 32 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2010, il est celui devant qui les éditeurs courbent l’échine. Et si trois d’entre eux, Gallimard, Flammarion et Albin Michel, lui ont intenté un procès pour la numérisation non autorisée de milliers de livres de leurs catalogues (notre actualitté), cela n’a pas l’air d’inquiéter outre mesure notre patron qui regrette seulement les conflits.

« Des inquiétudes similaires ont émergé aux États-Unis et dans d’autres pays. Nous avons finalement trouvé un accord et nous voudrions que ce soit le cas avec tout le monde », explique-t-il dans une interview au JDD, avouant que nous sommes coriaces : « Peut-être qu’en France les négociations sont plus difficiles, vigoureuses… Mais nous continuons de croire qu’il y a un marché ici. »


Quand le consommateur est roi

Pour Eric Schmidt, seule la satisfaction du consommateur semble compter « Avec Google Books, les étudiants pourront rechercher sur Internet les informations dont ils ont besoin à 3 heures du matin, alors que la bibliothèque est fermée. […] Nous servons l’utilisateur en priorité. »

Optant pour un discours humaniste, Schmidt prétend que la libre diffusion de la science et de la culture reste la préoccupation principale de Google. Étudiants, journalistes et chercheurs sont cocoonés par l’entreprise qui ne cherche qu’à leur faciliter le travail. Humanisme peu approuvé par les éditeurs qui trouvent sur Google leurs propres livres numérisés et disponibles gratuitement, en tout ou en partie.

Pourtant, Google Books incite à l’achat des livres, se défend Schmidt, expliquant que « [leur] objectif depuis une décennie est de permettre aux lecteurs d’avoir un aperçu d’un ouvrage sur Internet, puis d’aller l’acheter dans une librairie et d’aider les éditeurs à gagner de l’argent. Les accords conclus avec eux spécifient d’ailleurs la présence d’une icône « Achetez ce livre ! » sur notre site. » De quoi se plaignent-ils alors ?

et Hadopi ? une solution exagérée

Interrogé sur la loi française, le patron de Google avoue qu’il trouve une telle décision exagérée. « Nicolas Sarkozy nous a dit mardi, lors du déjeuner à l’Élysée, qu’il avait été durement critiqué pour avoir impulsé cette loi. Et je comprends ces critiques ! » Pour lui Internet doit rester libre et la solution pour contrer les débordements est juste sous nos yeux : « La réponse est simple : il faut éduquer les citoyens, pour qu’ils sachent où acheter légalement de la musique, des films, des livres. La plupart d’entre eux veulent être honnêtes. »

Pacifiste, humaniste et confiant dans la droiture naturelle de l’homme… Que d’optimisme de la part de ce requin du net !