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De Hokusai à Hasui, des “Paysages asiatiques” à admirer au Musée Guimet

Antoine Oury - 20.06.2017

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Paysages asiatiques expo - Paysages asiatiques Musée Guimet - Paysages asiatiques Hokusai


Du 21 juin au 2 octobre 2017, le Musée national des arts asiatiques Guimet propose une grande exposition sur les estampes et les paysages de ses collections, de Hokusai à Hasui, dont les œuvres ont été acquises très récemment. L'exposition a été conçue et dirigée par Sophie Makariou, commissaire générale et présidente du musée national des arts asiatiques — Guimet.
 

Dawn at Isawa in Kai Province, Katsushika Hokusai, publié entre 1890 et 1940 (photo d'illustration)
 

À travers une centaine d’estampes et quelques photographies anciennes des collections, le MNAAG invite à la découverte du paysage japonais dans la variété de ses aspects et de ses lectures, du plus prosaïque et anecdotique jusqu’au divin, dont la Grande vague — laissant apparaître au loin la silhouette du Fuji — est une des expressions les plus justement célèbres. 

 

Paysages japonais envisage, à travers un jeu de prismes original, un sujet majeur de l’estampe, illustré par les plus grands noms de l’estampe japonaise, tels Katsushika Hokusai et Utagawa Hiroshige ou Kawase Hasui au début du 20e siècle. Mettant en parallèle de façon novatrice l’influence de l’estampe sur la photographie au Japon au 19e siècle, l’exposition éclaire, par cette présence ponctuelle, mais forte de chefs-d’œuvre photographiques, les relations de gémellité entre ces deux modes d’expression. 

 

La Grande vague (Sous la vague au large de Kanagawa) – dont le musée conserve deux très beaux états, sera exceptionnellement présentée durant trois mois, ainsi qu’un recueil de dessins préparatoires d’Hiroshige pour sa série sur la route du Tokaido (don de la Société des Amis du Musée Guimet (SAMG) en 2010).

 

Ode au divin spectacle de la nature, expression de l’harmonie fondamentale entre ses éléments et l’être humain, les estampes de paysage japonais ont durablement marqué notre goût et notre imaginaire. Toutes leurs facettes sont explorées à travers la très riche collection du MNAAG, formée dès l’aube du japonisme en France. 

 

Tantôt description des lieux célèbres du Japon ou évocation des saisons, tantôt tableau d’une nature divinisée en de saisissantes entités — le Mont Fuji en est l’exemple le plus fameux —, étapes d’itinéraires poétiques ou enfin parfois études plus formelles aux audacieuses perspectives, les estampes de lieux offrent une variété infinie. Autour de ce noyau d’œuvres célèbres, ce sont de nombreuses pages, moins connues parfois, que l’exposition donne à découvrir ou à redécouvrir suivant un parti pris thématique original. 

 

Le paysage au Japon est un concept très ancien qui trouve son apogée au 19e siècle à travers les visions panoramiques urbaines du début de l’époque d’Edo et les scènes de genre qui lui sont associées. L’exposition envisage la notion de paysage dans un large contexte, celui de l’itinérance et de la fascination pour la ville telle que celle-ci se développe durant tout le 19e siècle. Imaginée comme une déambulation poétique rendant perceptible l’imperceptible passage du temps, l’exposition explore aussi, a contrario, les aspects naturalistes de l’estampe de paysage. 

 

À travers la foisonnante richesse des images — estampes de tous formats, dont celles pour éventails, dessins préparatoires et photographies — ce sont les thèmes les plus variés — paysages nocturnes, évocations des saisons dont les cerisiers en fleurs, réflexions sérielles sur l’itinérance (dont les Trente-six vues du mont Fuji d’Hokusai en 1831), recherches sur la perspective, paysages habités ou cadres de scènes légendaires — qu’explore cette exposition à l’approche inédite. 

 

2500 estampes japonaises à télécharger grâce à la Bibliothèque du Congrès

 

Elle s’achève sur le renouveau de l’estampe dans la première moitié du XXe siècle, sous le nom de shin-hanga, mouvement dont Kawase Hasui, extraordinaire coloriste et prolifique artiste, fut le plus grand maître. Utilisant une palette très riche, son œuvre illustre les transformations de l’espace japonais à la suite de la modernisation du pays. La SAMG a accompagné l’enrichissement du fond ces dernières années et plusieurs estampes rares de Hasui (1883-1957), datant d’avant le grand incendie de Tokyo en 1923, ont pu être acquises et seront exposées.