De l'exigence propre aux formats courts et aux microfictions

Xavier S. Thomann - 23.03.2014

Culture, Arts et Lettres - Salons - Nouvelle - Roman - Microfiction


Le CNL (Centre National du Livre) a rassemblé quatre écrivains, spécialistes des recueils de nouvelles et des formes brèves. Il s'agissait de voir quelles sont les contraintes propres à cette écriture ; et ainsi mettre au jour la différence fondamentale avec le roman. Etaient présents: Ana Maria Shua, Samantha Schweblin, Selva Almada, Inès Garland et Georges-Olivier Châteaureynaud. Honneur aux Argentines donc.

 

 

 

 

On retiendra surtout qu'il ne faut pas se fier à la taille. Les microfictions, ce sont des récits d'une longueur égale ou inférieure à une page. Pourtant, tous les auteurs présents étaient d'accord pour dire que cela ne facilitait pas pour autant leur travail. Inès Garland a expliqué que la microfiction était plus exigeante que les nouvelles, qu'il faut avoir une idée bien précise de ce que l'on veut raconter. En effet, avec moins d'une page, pas le temps pour les digressions. 

 

Pour autant, ce n'est pas par snobisme ou flemme que ces auteurs pratiquent les formats courts. Pour Samantha Schweblin, cela ne relève pas du choix, c'est comme ça. 

 

Quant au manque de popularité de la nouvelle en France, au détriment du sacro-saint roman, Georges-Olivier Châteaureynaud avait pas mal de choses à dire. Les deux genres partagent la même rigueur, on l'aura compris. Pourtant, en France, et contrairement à l'Argentine, une sorte de malédiction a longtemps pesé sur la nouvelle. Pour un auteur désireux de se faire connaître, il valait mieux écrire un roman, même court, plutôt qu'une série de nouvelles. 

 

Heureusement, il y a maintenant plus de vingt que les choses ont commencé à changer. La nouvelle fait davantage partie de la politique éditoriale des maisons, estime Châteaureynaud. 

 

Il ne faut pas croire néanmoins qu'au pays de Broges tout est facile pour les nouvellistes. Le roman occupe une place à part dans le coeur des lecteurs. Et il est encore assez difficile de trouver un public pour les microfictions. C'est là un paradoxe intéressant. 

 

Comme l'a justement rappelé Ana Maria Shua, alors que le public a de moins en moins de temps à consacrer à la lecture, les romans se font de plus en plus longs. Ceci devrait profiter aux auteurs de microfictions. Ce n'est pas encore le cas.