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Le dramaturge et écrivain allemand Rolf Hochhuth est mort ce mercredi 13 mai à l’âge de 89 ans. Profondément engagé il s’était notamment fait connaitre avec son Vicaire, une pièce de théâtre dans laquelle il avait dénoncé le silence du Pape Pie XII face à l’Holocauste (Ed. Seuil 1963, traduction Françoise Martin et Jean Amsler). 
 
Rolf Hochhuth, McKinsey is Coming, Duisburg 2005
BlackIceNRW, CC BY SA 4.0


Né le 1er avril 1931, Rolf Hochhuth a grandi en Hesse, dans le centre de l'Allemagne, sous le régime d'Adolf Hitler. Comme la plupart des enfants allemands de l’époque, il fut embrigadé dans les Jeunesses hitlériennes.

Les crimes nazis deviendront plus tard un sujet central dans son oeuvre, pour lui  : « L'Holocauste ne pourra jamais être pardonné ou oublié. » C’est dans cette optique qu’en 1963, il fait jouer Le Vicaire, une tragédie chrétienne, pièce de théâtre qui dénonce l'attitude passive, voire complice, du pape Pie XII pendant la Seconde Guerre mondiale.

Traduite en plusieurs langues la pièce a finalement été adaptée au cinéma par Costa-Gavras avec le film Amen en 2002.
 

La plume dans la plaie 


En 78, Rolf Hochhuth publie Un amour en Allemagne roman qui met en scène l’histoire d’amour entre une Allemande et un prisonnier de guerre polonais durant la Seconde Guerre mondiale.

Le livre va relancer la polémique sur le passé du ministre-président du Bade-Wurtemberg, Hans Filbinger, et provoquer sa démission. L’homme politique allemand était mis en cause pour son rôle, d’abord en tant que juriste puis juge dans la Marine, dans une condamnation à mort prononcée à la toute fin du conflit mondial.

Deux ans à peine après la réunification, des deux Allemagne, l’écrivain avait également dénoncé « l’annexion » de l’ex-RDA par l’Allemagne de l’Ouest avec le roman « Wessis in Weimar ».

Plus récemment le dramaturge a fait scandale avec son œuvre, La Venue de McKinsey, où il s’attaque au chômage de masse et à la dictature économique. Les passages dans lesquels il compare le président de la Deutsche Bank aux hommes d’affaires qui avaient été assassinés par des terroristes d’extrême gauche lui ont valu d’être accusé de cautionner l’assassinat comme moyen d’action. Jusqu’au bout l’écrivain aura défendu ses idées et dérangé les puissants. 

La cause du décès n'a pas été précisée.

Via L'AFP


Commentaires
« profondément engagé ».



En effet. Sa soi-disant pièce à charge a été commanditée (et donc bien sûr inventée) par le KGB (les services secrets soviétiques) pour dézinguer l'Église catholique, dont l'URSS pressentait déjà qu'elle lui scierait les pattes.



L'Église lui a effectivement scié les pattes, mais la propagande est restée, 50 ans après.



Dommage qu'Actualitté s'en fasse l'écho de cette manière...
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