Découverte d'un portrait inédit de Charles Baudelaire

Antoine Oury - 18.04.2013

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Charles Baudelaire - poète - portrait inédit


Les professeurs de français vous diront que la poésie de Baudelaire a toujours célébré les cathédrales et autres constructions tendant à la verticalité, mais il faut convenir que le lieu où son portrait a été découvert n'a rien d'une évidence. Un simple rangement des archives de la Cité de l'architecture et du patrimoine, rapporte Le Figaro, a permis de découvrir une feuille volante, depuis laquelle un jeune homme jette un regard noir...

 

 

Le portrait n'a pas pu être daté, précise Le Figaro

 


Conservatrice au sein de la Cité, Caroline Lenfant effectue en fait un inventaire des dons de la famille du sculpteur Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume (1816-1892) lorsqu'elle tombe sur ce portrait réalisé au graphite  sur une feuille volante. Presque comme un signe de reconnaissance, le portait est entouré de femmes lascives sur lesquelles il est aisé d'imaginer les muses du poète, Jeanne Duval, Apollonie Sabatier ou Marie Daubrun.

 

Mais seul le poète a pu être identifié : il s'agit bien de Charles Baudelaire, une identification aidée par les relations qu'entretenait le poète avec Geoffroy-Dechaume et les quelques photographies de l'écrivain qui circulent. Charles Baudelaire traînait en effet avec le caricaturiste Daumier ou encore le peintre Louis Joseph Trimolet, et le petit groupe se prêtait souvent à des exercices artistiques annexes, histoire de générer un peu de compétition.

 

Les dessins de Baudelaire réalisés à cette occasion faisaient d'ailleurs recette auprès de ses amis, et Daumier ne cessait même de souligner la belle carrière qu'aurait pu avoir son ami poète dans le domaine pictural.

 

Ensuite, les hypothèses des experts divergent : Thierry Bodin, spécialiste en autographes, estimant que le croquis préparait une gravure, tandis Jean-Paul Avice, incollable sur Baudelaire, estime que le dessin n'avait pour seule finalité l'estampe. 

 

De ces baisers puissants comme un dictame,

De ces transports plus vifs que des rayons,

Que reste-t-il? C'est affreux, ô mon âme!

Rien qu'un dessin fort pâle, aux trois crayons,

 

Qui, comme moi, meurt dans la solitude

Et que le Temps, injurieux vieillard,

Chaque jour frotte avec son aile rude...

 

(extrait de la IVe partie d'Un fantôme, Le Portrait, dans Les Fleurs du Mal)

 

... Mais que la Cité de l'architecture et du patrimoine exposera dès le 22 avril pour « Dans l'intimité de l'atelier, Geoffroy-Dechaume, sculpteur romantique », jusqu'au 22 juin.