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Des catholiques venus défendre le Christ contre Golgota Picnic

Clément Solym - 20.11.2011

Culture, Arts et Lettres - Théatre - Golgota picnic - théâtre - Toulouse


Elle doit rire jaune, Toulouse, l'ancienne cathare, de voir revenir les catholiques qui entendent dicter ce qu'il est bon ou pas de présenter dans un théâtre. À croire que depuis la croisade des Albigeois, en 1208, on s'estimait, dans la ville rose, quelque peu à l'abri... 

 

Pourtant, la pièce Golgota Picnic continue de provoquer un scandale. Hier, des croyants, cierge à la main, sont venus de plusieurs villes - Libourne ou même Bordeaux - pour manifester leur colère, équipés de banderoles, notamment, qui revendiquaient : « La république est laïque, la France est catholique » ou encore, « La France est chrétienne et doit le rester ».

 

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« La pièce est légitime même si elle choque beaucoup, d'autre part la protestation est également légitime », expliquait par ailleurs le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant. 

 

Consternant. Car depuis un bon moment, la pièce, présentée pourtant en Espagne, à Madrid, sans qu'aucune effusion n'ait lieu, occupe les pouvoirs publics, certains catholiques et des partisans de la liberté d'expression.

 

Pour ces derniers, l'intervention catholique s'incarne par des « tentatives de censure inacceptables ».

 

Et en riposte aux banderoles affirmant la ferveur de leur foi, les catholiques venus de partout en France, ont pu être accueillis par des réponses particulièrement virulentes : « Néron, reviens, y'a encore des chrétiens », voire « Deux planches, trois clous, voilà la solution ». 

 

Face à face

 

Samedi, donc, ils étaient 750 ou 2000, selon la police ou les organisateurs, venus « en réparation des offenses faites à notre Seigneur Jésus-Christ ». « Que l'on traite le Christ de putain de diable, qu'on le rende responsable du terrorisme, que l'on se moque de la crucifixion d'une façon aussi sordide, quasiment pornographique, c'est le comble de l'ignominie », explique Alain Escada, secrétaire général de l'Institut Civitas, qui porte la manifestation. 

 

Selon lui, les catholiques français sont agacés et horripilés de « cette christianophobie ambiante ». « J'accuse Pierre Cohen [NdR : maire de Toulouse] d'insulter l'ensemble des chrétiens quand il affirme qu'il faut défendre 'Golgota Picnic' au nom de la liberté d'expression. Défendrait-il aussi la liberté d'expression si ce spectacle était antijudéo-chrétien ? »

 

Jesus on Cross 5

La pièce présente en effet un regard inédit sur la religion et plus particulièrement la figure du Christ. Baptisé El puto diablo, et figuré avec une plaie au ventre, remplie de billets de banque, le Christ est passablement mis à mal...

 

Et à ce titre, Pascal Nakache, président de la ligue des droits de l'Homme de Toulouse s'explique : « Des groupes se sentent de plus en plus autorisés à essayer d'imposer leur loi. Nous sommes là pour leur dire qu'en France, il n'y a qu'une loi : c'est la loi de la République. » 

 

La présence devant le Théâtre Garonne des catholiques, à genoux pour prier, cantique à la bouche, pourra amuser. 

 

Mais personne n'avait averti les médias que les JMJ débutaient plus tôt cette année...