Des fans de Jane Austen stars d'une exposition photographique

Heulard Mégane - 11.07.2019

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Jane Austen - exposition jane austen - jane austen costume style regence


Dans son projet « Where We Belong », la photographe Alejandra Carles-Tolra explore le thème de la « féminité, de l’appartenance et de l’évasion », à travers une série de portraits d’un groupe de "janeites", des adoratrices de l’auteure Jane Austen.

Photo d'illustration, festival de Jane Austen ozimanndias8 — CC BY 2.0
 
En 2015 Alejandra Carles-Tolra tombe par hasard sur un groupe de femmes vêtues d’un costume style Régence en train de pique-niquer. Elle pense d’abord à « une sorte de version britannique des amish ». Mais elle se rend vite compte qu’« elles assistaient au festival Jane Austen, un évènement annuel à Bath qui attire des “janeites” de partout ».

Ces femmes faisaient partie de la « Jane Austen Pineapple Appreciation Society », l’ananas étant un motif à la mode au XVIIIe siècle. Elles ont invité la photographe à venir faire une fête durant 10 jours dans une maison (une fête devenue annuelle pour les janeites) et cette dernière a débuté son projet « Where We Belong ».

Bals, robes et danses 

L’ultra féminité des janeites contrastait avec ses derniers projets : des portraits de femmes dans l’armée et une équipe de rugby. Elle raconte au Literary Hube « Tout à coup, je rencontre un groupe de femmes qui, à mes yeux, sont en train de faire… pas exactement le contraire, mais quelque chose qui était assez difficile à concilier avec ce que je faisais. »

Carles-Tolra dut revêtir également l’habit style Régence, non sans une pointe de gêne, mais c’était nécessaire selon elle, afin d’instaurer une relation de confiance. Elle précise « C’était une bonne façon de briser ce rôle de l’étranger. »

Elle ajoute : « Quand je rencontre un groupe, j’ai généralement une certaine idée de ce à quoi va ressembler mon travail et ce que je pense vouloir, mais ensuite ça change en fonction des relations que je construis. Avec ce groupe, pour moi, il s’agissait vraiment au début de remettre en question cette idée romantique qu’elles avaient. Puis c’est devenu plus complexe. »
 
 
Photo d'illustration, festival de Jane Austen  ozimanndias8 — CC BY 2.0


Se déconnecter du monde réel 

Le groupe participait à beaucoup de bals et d’évènements sur le thème de Jane Austen. Les portraits montrent souvent des femmes endormies, dans la nature, en totale déconnexion avec notre « monde moderne ». La photographe confie au Guardian : « C’était fascinant pour moi de penser : pourquoi ces femmes voudraient-elles adopter une identité du 19e siècle ? J’avais l’impression d’y retourner. Je voulais savoir et comprendre pourquoi elles voulaient se déguiser en femmes du 19e siècle. »

Sophie Andrews, une janeite de 22 ans, l’explique au Guardian : «  il s’agit de s’échapper pendant une semaine vers un endroit où les gens ne sortent pas leur téléphone. Nous faisons une pause dans l’actualité et dans tout ce qui se passe dans le monde réel. Nous nous amusons et passons du temps avec des personnes qui partagent les mêmes idées. »

Alejandra Carles-Tolra s’est rendue compte que beaucoup de janeites s’étaient trouvé une passion pour Jane Austen dans des moments difficiles : « Les livres de Jane Austen sont devenus une forme d’échappatoire — dans ce monde où, d’une manière très simple, la bonne fille obtient le bon garçon et où tout est résolu. »

Photo d'illustration, festival de Jane Austen  Rose of Academe_ — CC BY-ND 2.0

Sur son site, la photographe explique aussi le thème de l’identité et de l’appartenance dans son travail : « À travers mon travail, j’explore comment le sentiment de sécurité et d’appartenance que peuvent offrir certains groupes peut autonomiser les individus et renforcer les propres identités. Dans mes photographies, j’utilise la proximité physique et psychologique pour représenter les relations intenses entretenues au sein de ces communautés et pour dépeindre le besoin existentiel d’appartenance. Je me suis également intéressée à examiner le seuil entre fiction et non-fiction, entre passé et présent. Mon but est d’inviter le spectateur à se demander où commence la performance et où elle se termine, à défier les limites entre réalité et imagination. »


« Where We Belong » a été récompensé par un prix Jerwood/Photoworks. Il sera exposé au Musée finlandais de la photographie à Helsinki dans le cadre de l’exposition « Belonging to the Story » jusqu’au 1er septembre.



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