Des huées accueillent les voeux d'Albanel à l'Opéra Garnier

Clément Solym - 13.01.2009

Culture, Arts et Lettres - Expositions - huées - voeux - Albanel


C'est dans l'air du temps que de contester l'action du ministère de la Culture et hier, à l'Opéra Garnier, la ministre Christine Albanel en a fait doucement les frais. Alors qu'elle venait présenter ses voeux (et ses bonnes résolutions ?) devant 2500 personnes venues spécialement pour l'écouter, on peut dire que la communication n'a pas été le fort de cette séance.

En effet, c'est « dans la confusion la plus totale », selon un témoin que la ministre a tenté de s'exprimer, alors que des banderoles de manifestants remettant en cause sa politique ont été accompagnées d'invitation claire à la démission. Nicolas Monquaut, secrétaire général de DGT-Culture en ajoute une couche : « Christine Albanel est partie à la sauvette, sous les sifflets. »

Casser le ministère en mille morceaux...

En cause, la révision de la RGPP, au sujet des politiques publiques donc, mais également l'attitude et les intentions de la ministre. « Le personnel l'accuse de vouloir casser le ministère de la Culture en mille morceaux et de détruire des emplois », précise Nicolas. Et la CGT qui avait prévu de prononcer un contre-discours, reproduit par nos confrères du Nouvel Observateur, se sont littéralement vus censurés.

La réforme de l'audiovisuel, « les coupes claires dans le budget de la Culture », le « désengagement politique et budgétaire de l'État », en étaient les thèmes principaux. On comprend aisément que la ministre se soit montrée réfractaire. Mais du côté de la rue de Valois, on minimise cet incident.

« Ces interpellations étaient le fait d'une vingtaine de personnes. Le public n'y a pas participé dans sa large majorité. La ministre a patiemment attendu que les cris cessent pour parler. Il est normal d'assister à des manifestations de ce type en période de réforme », commente le ministère.

Les propos de Jean-Jacques Aillagon, estimant que l'action « depuis de longues années [...] est devenue peu compréhensible et perçue comme injuste », reviendront à l'esprit. Lui qui avait occupé le siège de Mme Albanel estimait qu'il fallait remettre sérieusement en question le ministère lui-même, en le réformant... ou le supprimant.