Des livres et autres symboles de désobéissance exposés au musée

Julien Helmlinger - 22.09.2014

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Victoria and Albert Museum - Révolte - Exposition


Ce week-end, diverses grandes villes étaient envahies par la Marche mondiale pour le climat, autoproclamée « plus grande mobilisation citoyenne jamais organisée sur l'enjeu climatique ». Avec l'imprécision des lendemains de manifs, à Paris quelque 5000 militants selon la police, contre 5 fois plus si l'on se fie aux organisateurs. Signe que les citoyens étaient partagés entre le désir de militer et celui de profiter des Journées du Patrimoine ? Rien n'est mois sûr, mais au cas où, le Victoria & Albert Museum réunit quant à lui révolte et culture au sein d'une même expo.

 

 

 

 

Baptisée Disobedient Objects, soit Objets Désobéisants, l'exposition, qui se tient actuellement dans les locaux du célèbre musée londonien, invite à découvrir comment des objets de la vie quotidiene ont leur incidence dans les changements sociaux. Et le livre fait partie de ces armes révolutionnaires, même si le mouvement Book Bloc depuis quatre ans préfère s'en servir en guise de boucliers.

 

C'est justement un grand thème de l'expo, qui vise à démontrer comment l'activisme politique fait appel à l'ingéniosité créative, par laquelle les militants détournent les standards de l'art et du design pour servir leurs causes. On peut y découvrir des objets qui se seront ainsi révoltés depuis les années 1970 : monnaies défigurées, textile engagé, banderoles et barricades, et autres jeux vidéos politisés.

 

Gavin Grindon, ainsi que Luther and Rosa, deux activistes parmi ceux ayant importé le phénomène Book Bloc dans la capitale britannique, après une première apparition des livres-boucliers à Rome, expliquaient dernièrement leur concept : celui de connecter les militants à l'heure des crises mondiales, d'établir une communication visuelle et sans besoin de dialogue, en créant une esthétique commune.

 

En décembre 2010, en Italie, près de 50.000 étudiants avaient défilé dans une tentative concertée et destinée à paralyser la ville entière, dans un mouvement qui aura réuni 400.000 étudiants à travers le pays. Le premier ministre, Silvio Berlusconi avait estimé que « les véritables étudiants sont à la maison en train de travailler ». Et pour protester, nombre d'entre eux avaient alors choisi de se protéger d'un panneau avec le titre d'un livre.

 

Au Victoria & Albert Museum, l'exposition est ouverte jusqu'en février 2015. Et pour ceux qui préféreraient les barricades, voici le mode d'emploi du Book Bloc :