Deux lauréats pour le Prix [du métro] Goncourt 2017

Cécile Mazin - 07.11.2017

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Négar Djavadi Désorientale - Guy Boley Le fils du feu - prix métro goncourt


Le Prix [du métro] Goncourt 2017 vient d’être attribué à Négar Djavadi pour son premier roman Désorientale (chez Liana Levi) et à Guy Boley pour Le fils du feu (chez Grasset). Le jury, réuni ce lundi 6 novembre dans les bureaux de l’agence Epiceum, a délibéré pendant plus de deux heures avant de décider de désigner deux lauréats ex-aequo.


Ghosts'n Goblins
mossieur eric, CC BY NC ND 2.0

 

Une cérémonie de remise du 10è Prix [du métro] Goncourt sera organisée le jeudi 14 décembre dès 18 h 30.

 

Pour l’occasion, partenaires, collaborateurs et les anciens lauréats seront réunis autour d’Isabelle Bunisset, lauréate 2016 et présidente du jury, pour remettre aux auteurs le « bouddha d’or ».




 

Désorientale de Négar Djavadi : La nuit, Kimiâ mixe du rock alternatif dans des concerts. Le jour, elle suit un protocole d'insémination artificielle pour avoir un enfant avec son amie Anna. Née à Téhéran en 1971, exilée en France dix ans plus tard, elle a toujours tenu à distance sa culture d'origine pour vivre libre. Mais dans la salle d'attente de l'unité de PMA de l'hôpital Cochin, d'un rendezvous médical à l'autre, les djinns échappés du passé la rattrapent. Au fil de souvenirs entremêlés, dans une longue apostrophe au lecteur, elle déroule toute l'histoire de la famille Sadr. De ses pétulants ancêtres originaires du nord de la Perse jusqu'à ses parents, Darius et Sara, éternels opposants au régime en place ; celui du Shah jusqu'en 1979, puis celui de Khomeiny.

Ce dernier épisode va les obliger à quitter définitivement l'Iran. La France vécue en exilés n'a rien à voir avec le pays mythifié par la bourgeoisie iranienne... Alors, jouant du flash-back ou du travelling avant, Kimîa convoque trois générations et une déesse du rock and roll au chevet de sa " désorientalisation ". On y croise, entre autres, Siouxie, Woody Allen, Michel Foucault, des punks bruxellois et des persans aux yeux bleus, six oncles et un harem.



 

Guy Boley, Le fils du feu : Nés sous les feux de la forge où s'attèle leur père, ils étaient Fils du feu, donc fils de roi, destinés à briller. Mais l'un des deux frères décède précocement et laisse derrière lui des parents endeuillés et un frère orphelin. Face à la peine, chacun s'invente sa parade : si le père s'efface dans les vagues de l'ivresse, la mère choisit de faire comme si rien ne s'était passé. Et comment interdire à sa mère de dresser le couvert d'un fantôme rêvé ou de border chaque nuit un lit depuis longtemps vidé ?

Pourquoi ne pas plutôt entrer dans cette danse où la gaité renait ? Une fois devenu adulte et peintre confirmé, le narrateur, fils du feu survivant, retrouvera la paix dans les tableaux qu'il crée et raconte à présent. Ainsi nous dévoile-t-il son enfance passée dans une France qu'on croirait de légende, où les hommes forgent encore, les grands-mères dépiautent les grenouilles comme les singes les bananes, et les mères en deuil, pour effacer la mort, prétendent que leurs fils perdus continuent d'exister.

 

Le prix [du métro] Goncourt, une démarche à la fois sincère et décalée
 

Clin d’œil amusé à la situation géographique de l’agence Epiceum, et à la station qu’empruntent au quotidien les collaborateurs de l’agence, le Prix [du métro] Goncourt, permet de mettre à l’honneur un auteur et son œuvre. Le nom de ce « prix », qui évoque une institution littéraire, traduit au delà de la boutade, un amour des mots et des bonnes formules.


Négar Djavadi – Désorientale – Editions Liana Levi – 9782867468346 – 22€

 

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