Dico plaisir : Le Mans accueille les amoureux des dictionnaires

Cécile Mazin - 29.03.2016

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Amoureux des jardins et des mets, auteur de dizaines d’ouvrages, Jean-Pierre COFFE est aussi un amoureux des dictionnaires dans lesquels il prend régulièrement plaisir à déambuler. Convaincu que ces promenades lexicographiques sont source de bonheurs imprévus, il a eu l’idée de rendre hommage à ces auteurs qui partagent leurs passions avec des lecteurs curieux.

 

 

 

Avec la complicité de Marc Lecarpentier, ancien président de TELERAMA et créateur du Festival du Mot de La Charité sur Loire, il a créé l’association « PARENTHÈSE » qui organise ce « premier rendez-vous national des amoureux des dictionnaires » auquel l’Académie Française a accordé son haut patronage. Le public pourra rencontrer une quarantaine d’auteurs de dictionnaires sur des sujets aussi variés que les couleurs, les jardins, la gastronomie, les mots manquants, la bêtise, le tango, etc.

 

Dans la ville du Mans

 

Maire d’une ville déjà riche de plusieurs manifestations littéraires, Jean-Claude Boulard a accueilli avec enthousiasme cette idée originale d’une journée proposant au public d’aller à la rencontre de ces auteurs qui savent aborder tous les sujets, de A à Z.

  

 

Parce qu’il aime lui aussi se jouer des mots, Philippe Geluck a bien voulu mettre son humour au service de la manifestation, en réalisant l’affiche que découvriront les citoyens du MANS dès le 1er avril.

 

Pour en savoir plus sur le programme de la journée et les auteurs invités, c’est par ici.

 

Nénuphar ou nénugar : Faut-il réformer l'orthographe ?

 

C’est un dictionnaire qui fixa la norme orthographique française : celui de l’Académie française, en sa première édition (1694). « Lorsque la Compagnie décida de composer un “trésor” de la langue française, entre les deux manières en usage alors d’écrire les mots, elle choisit la plus savante, la plus compliquée, celle qui pouvait intéresser seulement les lettrés du temps. Par la suite, elle s’aperçut de son erreur… ».

 

Le constat est sévère ; c’est toutefois de la Compagnie elle-même qu’il émane (préface de la 8e édition du dictionnaire, 1932). L’histoire de la norme graphique, par suite, est celle d’une lente et prudente, mais honnête et courageuse, dans l’ensemble efficace, résipiscence.

 

Refusant tout bouleversement, mais sensible aux critiques, l’Académie a mené un travail pluriséculaire d’autocorrection. D’édition en édition de son dictionnaire, qui fait foi en matière orthographique, elle a changé la physionomie d’un mot sur deux.

 

On voit qu’une action réfléchie et de grande ampleur sur la norme graphique fut nécessaire ; on se doute que toutes les simplifications, régularisations possibles et souhaitables ne furent pas opérées ; on peut réfléchir au moyen d’y parvenir aujourd’hui. Notamment en alliant le droit (l’Académie française) et la science (le savoir des linguistes), et en impliquant les autres francophones : c’est ainsi que les « rectifications de 1990 » furent conçues.

 

Reste à savoir si ces ajustements qui « “éliminent les principales difficultés qui sont sans justification et normalisent la plupart des anomalies”» , pour citer Maurice Druon alors Secrétaire perpétuel, trouveront grâce auprès d’usagers dont les habitudes graphiques renforcées par l’essor de l’écrit numérique ont accru le respect des formes. Tel est le véritable enjeu de l’actuel débat. 

 

Bernard Cerquiglini, journaliste, agrégé de lettres et docteur, il fut chargé d’une mission sur la réforme de l’orthographe en 1990