Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Disney découvre le monde réel : une princesse LGBT n'est pas exclue

Florent D. - 06.12.2016

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Disney princesse LGBT - film animation Disney


Si les univers du comics ont depuis quelques années intégré des héros LGBT dans sa production, Disney n’exclurait pas de suivre cette tendance. Les princesses Disney très hétéro, et bien sous tout rapport, incarnent désormais un archétype féminin qui sent bon la naphtaline et un classicisme plus vraiment d’actualité. Alors, on change ? Oui...

 

 

 

Au cours des deux dernières décennies, les studios Disney ont doucement, tout doucement, impulsé un renouveau. Au milieu des héroïnes naïves et greluches, sont apparues des jeunes filles plus actives – moins dans l’attente fébrile de leur prince charmant. Mulan, la guerrière, Tiana, ou encore Mérida sont différents exemples de ces tentatives pas nécessairement réussies au demeurant. 

 

Frozen fut à ce titre saluée, parce qu’elle incarnait quelque chose de différent, des valeurs plus féministes et progressistes. Mais la chose était encore légère, sensible, mais avec des bémols. 

 

Alors, voici que débarque Moana, première princesse d’origine polynésienne dans l’univers de Disney – même si le pitch de Lilo et Stitch se déroulait sur ces îles. Ron Clements et John Musker, le binôme qui a réalisé plusieurs des productions Disney (au hasard, La petite sirène, Aladdin, Hercule ou encore La princesse et la grenouille) vient ainsi de mettre les pieds dans le plat. 

 

 

 

Moana, tout d’abord, n’est plus une simple histoire d’amour – d’ailleurs, on n’en retrouve pas dans l’ensemble du film, ce qui rassurera les sceptiques. Un peu à la manière de Frozen, l’héroïne est au cœur de la production, et si la dimension conte de fées est plus exotique, elle n’en reste pas moins prégnante. Sauf que Moana se construit dans un univers d’homme, et parvient à trouver sa propre voie. On progresserait ?

 

Bien plus que Disney ne le laisse entendre. En réalité, explique Clements, « il n’y a jamais eu de romance dans cette histoire. C’était la Véritable Histoire d’une jeune fille prise dans une quête, et l’équilibre entre la nature et son destin est en jeu ». Mais alors, dans cette histoire d’équilibre, comment pourrait-il advenir qu’un beau jour, on découvre une princesse LGBT, a-t-on demandé à Ron Clements ?

 

« Ce serait dirigé par un réalisateur ou une équipe de réals qui voudraient vraiment soutenir ce point et si [la production] appréciait l’idée, mais je dirais que nous n’avons jamais vraiment eu de restrictions sur ce que nous avons fait. Il semble que les possibilités soient assez ouvertes sur le sujet », assure Clements. 

 

Princesse chez Disney ? Sois belle, trouve un mari, mais surtout ne dis rien

 

Le fait est que les deux hommes, Musker et Clements, sont connus pour avoir fait tomber quelques barrières dans les précédentes réalisations de Disney, et avec Moana ils affirment avoir cherché le réalisme. « Nous lui avons fait des jambes plus charnues, et ses hanches sont plus normales pour la rendre capable des cascades que nous souhaitions, comme plonger depuis des falaises ou ce genre de choses. »

 

Autrement dit, pas un modèle anorexique, ou aux proportions totalement délirantes ? 

 

 

via Huffington Post