Django Unchained : une série de figurines fait grincer des dents

Julien Helmlinger - 10.01.2013

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Django Unchained - Quentin Tarantino - Produits dérivés


Après avoir rendu hommage à divers genres qui ont nourri son propre cinéma, du film de gangsters au chanbara sans oublier la blaxploitation et autre série B, le prodige Quentin Tarantino a dégainé son calibre 35mm pour célébrer le western spaghetti. Mais voilà qu'une gamme de poupées liées à l'ère de l'esclavagisme, produit dérivé commercialisé sur le Web à l'occasion de la sortie de Django Unchained, suscite la controverse ainsi qu'un appel au boycott.

 

 

 

 

La gamme de figurines a été lancée par le tandem composé par le fabricant de jouets, la National Entertainment Collectibles Association (NECA) et la Weinstein Company. Et celle-ci, recommandées aux personnes de plus de 17 ans, se décline aux effigies des personnages campés face aux caméras par les acteurs Foxx, Kerry Washington, Samuel L. Jackson, Leonardo DiCaprio, James Remar ou encore Christoph Waltz.

 

Une ligne de produits dérivés qui n'est pas sans rappeler les « action-figures » sous licence qui ont envahi les marchés dans les années 70. Souvent bardées d'accessoires relatifs à leurs modèles de fiction et mettant en scène des personnages issus des univers du comic, du cinéma, des programmes télévisés et autres jeux vidéo. 

 

Mais pour certains représentants de la communauté noire américaine, comme le réalisateur Spike Lee qui s'était déjà offusqué de l'utilisation du mot « nigger » dans la filmographie de Tarantino, on ne badine pas avec l'histoire de l'esclavagisme. 

 

Le directeur du groupe militant Project Islamic H.O.P.E aux États-Unis, Najee Ali, évoquant une « claque au visage de nos ancêtres », craint une banalisation des horreurs de l'esclavage et projetait ce mardi d'appeler au retrait de la gamme de poupées. Il a en outre appelé à un boycott national, tout en déclarant qu'il ne visait pas le film en lui-même.

 

C'est aussi ce type de démarche qui avait mené à une réédition des aventures de Huckleberry Finn, débarassée de termes jugés choquants. Les stéréotypes déployés dans l'ouvrage par Twain, ainsi que l'emploi régulier du mot nigger ont longtemps fait polémique, depuis sa publication en 1884. Dans la version révisée, ce terme avait été largement censuré.

 

Une controverse qui aurait eu un réel impact aux États-Unis, puisque ICv2 rapporte notamment que le géant Amazon aurait retiré les jouets de sa plate-forme commerciale en ligne.