Doctor Strange : dites 33, et plongez dans un multivers de magie

Florent D. - 07.11.2016

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On se frottait les mains d’impatience : la sortie de Doctor Strange avait provoqué dans la rédaction des comportements stupéfiants. On voyait maintenant des journalistes effectuer des gestes circulaires, cherchant à ouvrir des portails magiques entre notre open space et les Caves du Vatican... il fallait comprendre.

 

 

 

L’histoire de Strange est celle d’un neurochirurgien brillantissime, et particulièrement antipathique. Super antipathique. Au point de faire passer Dr House pour un Bon Samaritain. Il vit à Manhattan, dans un appart de folie, mais n’a d’intérêt que pour les soins – laissant les patients de côté, sorte de dommage collatéral à l’exercice de son talent.

 

Sauf qu’après un violent accident de voiture, le bon docteur perd l’usage de ses mains, ses précieux instruments de travail, et doit envisager une réorientation professionnelle. En dépit des efforts médicaux pour le guérir, rien n’y fait – et cette histoire de main vire à l’obsession. 

 

L’ultime recours lui sera fourni par un homme qui a lui-même réussi à se soigner d’un accident qui aurait dû le laisser totalement handicapé. Stephen Strange, docteur déchu, se retrouve embarqué dans un pèlerinage vers Kamar-Taj, au Népal, pour rencontrer l’Ancien, seule réponse à ses souffrances.

 

"Oublie tout ce que tu crois savoir"

 

C’est le moment magique où l’orgueilleux Occidental se trouve confronté à l’irrationnel, et doit apprendre à désapprendre, pour découvrir un monde magique, inattendu, un multivers insoupçonné où la réalité spirituelle a des ramifications totalement hallucinantes.

 

 

 

L’apprentissage de la modestie sera plus difficile que celui de la magie pour le Docteur, qui fait preuve d’un talent époustouflant – et en même temps, incarne la même menace que Kaecilius, le super-vilain dévoré par la Dimension Noire. Oui, parce que si Strange s’en sort bien, c’est aussi que le danger qui attend la Terre est d’un niveau stratosphérique. Et que le patron de la Dimension noire ne plaisante pas vraiment...

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette production Marvel ne manque pas d’humour, et que Benedict Cumberbatch, qui campe Strange, sert à merveille le rôle. Imbuvable dans les premiers temps, il conserve une arrogance et un côté iconoclaste salutaires. Doctor Strange se sort également très bien de séquences magiques dont les effets spéciaux pourront résister quelque temps à l’épreuve du vieillissement. 

 

Le Sanctum Sanctorum du Doctor Strange dévoilé sur Google Maps 

 

 

Les notes d’humour qui parsèment le film sont du meilleur goût, jusque dans l’accessoire suprême, la cape, qui parvient à introduire des décalages particulièrement drôles. Le scénario montre également que Marvel a compris qu’il était préférable d’aller assez vite dans la mise en situation de son personnage – sachant que, dans tous les cas, on ne voit pas vraiment le temps passer. 

 

Ça bouge, ça remue, c’est super efficace et vraiment bien amené. Même l'histoire d'amour passe finalement assez bien dans l'ensemble – oui, il y a une petite love story, bien entendu... On recommande les soins du bon Doctor  Strange sans aucun problème...