Du sexe pour nous sauver de la Grande Dépression

Clément Solym - 18.08.2010

Culture, Arts et Lettres - Salons - suicide - bouquin - livre


 La rentrée littéraire qui s’annonce est particulièrement massive : 701 livres, ca n’était pas arrivé depuis une décennie (659 l’année dernière). Personne n’aura le temps de tout lire, même les critiques, donc faisons un tour d’horizon.

 

Ce qui est simple et plutôt sympa de la part des auteurs, c’est qu’ils se sont mis à plusieurs sur les mêmes sujets. Du coup, on peut probablement en lire un, et zapper tous les autres. Sexe, violence et dépravation de la société, égal retour de Virginie Despentes avec Apocalypse Bébé. Déjà, au niveau du titre, je préférais celui de 1994, Baise Moi. Je vous laisse choisir avec aussi Pute, de Maria Luna Vera (deux amies qui plaquent tout pour devenir gigolos), Les Grands Gestes de la Nuit (de Montaigu), histoire de filles et de coke, et Odeur de sainteté, de Jacques Abeille, qui dépeint une femme qui entre en religion, et se prostitue, note l'AFP.

 
SM, harem...
 

Nos écrivains sont ils en manque, ou totalement obsédés ? Le sexe est omniprésent dans la rentrée littéraire, à se demander si les maisons d’édition ne devraient pas payer des vacances en Thaïlande à nos chers plumes. On enchaîne avec un peu de SM, et l’héroïne de Karine Tuil aux prises avec un prédateur sexuel nazi, Six mois, six jours. Certains vont droit au fantasme, Martin Provost laisse son héros seul homme entouré d’une multitude de femmes, à l’arrière durant la guerre, Bifteck ; c’est sage d’avoir attendu que les derniers anciens combattants soient morts pour publier.

 

 


Gare à France Télécom, qui risque de perdre sa place en tête du classement des suicides, au profit de la rentrée littéraire. Au menu : Olivier Adam et son huitième bouquin Le Cœur Régulier, ou L’orfelin d’Alexandre Lacroix. Ambiance toujours avec Suicide Girls, Léo Scheer. Ca va nous donner de quoi entamer l’année avec courage et volonté. Si à la fin d’octobre, qui est aussi le début des sombres journées, il n’y a pas une vague de morts impromptues en France, c’est que soit nos écrivains sont mauvais, soit nous sommes un peuple particulièrement tenace et optimiste.

 

Ou encore, cela voudrait dire qu’un autre roman nous a redonné le sourire et l’espoir, et toutes ces choses qui ne servent pas à grand-chose, puisque personne n’en parle. C’est chose possible, car ce ne sont pas les têtes d’affiche qui manquent. Amélie Nothomb (tiens, déjà aout ?)  avec Une Forme de Vie. J.M. Coetzee (prix Nobel de la discipline), L’été de la Vie. Jean Echenoz, Des Eclairs. Et puis si l’on meurt, ce sera finalement peut être de rire. Houellebecq est là lui aussi, La Carte et le Territoire.

Et ce n'est pas fini !

 

Et alors que tout le monde parle kamikazes, coke, filles faciles et sexe débridé, le maître du genre vient faire un tour, histoire de rappeler que la loi, c’est lui. Bret Easton Ellis is back avec Imperial Bedrooms, suite de son premier livre Moins que Zéro. L’ancienne colonie anglaise nous envoie deux autres grands, Jim Harisson, (rappelez vous, Légendes d’Automne, plus connu en film avec un beau gosse blondinet…) avec Les Jeux de la Nuit, et Philip Roth, l’homme qui vanta les mérites des lessives, avec Indignation.

Ah, j’ai failli oublier : l’illumination de la rentrée littéraire, le summum pour la fin, le Goncourt prévu, le prix Elle, le prix Fémina…Fragments. Un recueil de textes et de poèmes,dans lequel Marylin Monroe recolle sans doute les morceaux. Vous êtes maintenant sous le choc, éberlués et admiratifs, j’en profite je vous laisse.