Éditeurs indépendants : ne pas rouler sur l'or et savoir tout faire

Louis Mallié - 23.03.2014

Culture, Arts et Lettres - Salons - Ile de france - Éditeur indépendant - Revue indépendante


Pour sa seconde journée au Salon du livre, le stand Île-de-France a réuni une petite dizaine d'auteurs indépendants de la région pour une conférence vertement intitulée « Les éditeurs indépendants font le printemps ». L'occasion d'entendre le témoignage de ces jeunes pouces de l'édition indépendante, tout autant que de découvrir un panel de livres originaux.

 

 

 

 

Ne pas rouler sur l'or et savoir tout faire. C'est la principale leçon que semblent avoir apprise les éditeurs indépendants invités au débat. Tour à tour le micro est passé, on les a interrogés, ils ont répondu, raconté et parlé. Outre l'amour pour l'objet livre, c'est cette leçon retenue par tous qui les met d'accord. De la sélection de l'auteur à la promotion du livre, chacun des éditeurs maîtrise l'ensemble de la chaîne de fabrication du livre. « Deux tiers du travail n'est pas de faire des livres. C'est ensuite de les vendre.  Il faut aller vers les gens, organiser un maximum de lectures, de soirées, etc », a-t-il précisé. 

 

La réunion était pourtant l'occasion de réunir un panel d'éditeurs aussi particuliers que différents. Les éditions Jean Boite ont par exemple publié en 2013 le premier volume d'un dictionnaire remplaçant les mots par leur image Google; La revue de Pan, une revue graphique, côtoyait les éditions Tusitala, qui viennent de publier Mémoires d'un bison : première traduction française des mémoires de Oscar Zota Acosta, célèbre avocat de Hunter S. Thompson... Quand aux éditions du Ver à Soie, elles s'attachent à promouvoir une littérature du voyage, de la quête et des multiples expériences de l'exil. Une vision panoramique du paysage de l'édition indépendante en Ile-de-France qui a d'ailleurs tenu à rappeler la spécificité de leur démarche.

 

« Par rapport à leur coût de fabrication, nos livres ne sont pas chers. Les gros éditeurs sont dans une logique économique. Les reliures s'abîment, les pellicules se barrent, et leur livres coûtent plus cher. Il n'y a rien d'exceptionnel à savoir faire un beau livre, ce que nous faisons, tout le monde peut le faire. C'est juste une question de mentalité », ont-ils expliqué. Tout au long du débat une camaraderie s'est développée entre les différents intervenants qui ont rappelé qu'ils tenaient avant tout à traiter chaque maillon de la chaîne de la création du livre de manière égale, à tout point de vue  - y compris économique, quitte à ne pas se payer...

 

Des passionnés donc. Et à propos de rouler sur l'or d'ailleurs, Benoit Virot des éditions Nouvel Attila a profité de la fin de la réunion pour faire passer une annonce : l'éditeur est à la recherche d'une Volswagen coccinelle pour animer une lecture à Paris. « Il ne lui sera fait aucun mal » a-t-il précisé en riant. Des intéressés ?