Edmond Kirazian, alias Kiraz, le créateur des Parisiennes, est mort

Gariépy Raphaël - 12.08.2020

Culture, Arts et Lettres - - disparition décès - artistes illustrateur - Kiraz les parisiennes


Publiées dans de nombreux magazines, les Parisiennes étaient devenues sa spécialité. Les jambes interminables, les coupes modernes et les poses ingénues de ces héroïnes des beaux quartiers représentaient une certaine idée de la mode et du luxe à la française. 



Le trait fin d’Edmond Kiraz ne croquera plus la capitale et ses habitantes, les Parisiennes, qu’il surnommait les libellules. L’illustrateur s’est éteint mardi à l’âge de 96 ans, a annoncé sa compagne à l’AFP.

Cet autodidacte absolu a passé son enfance en Égypte, commençant sa carrière de caricaturiste à l’âge de 17 ans. Arrivé à Paris en 1946 muni de ses quelques économies, il s’installe dans la très chic avenue Montaigne. C’est là qu’il fera la connaissance de la ville qui représente pour lui « la capitale des arts, du goût et de la mode », mais surtout de ses femmes aux jambes élancées, sophistiquées, mais naturelles, qu’il ne peut s’empêcher d’admirer à longueur de journée. Ses économies envolées, il retourne en Égypte avant de s’installer définitivement dans la Ville lumière. 

En 1959, l’entrepreneur Marcel Dassault remarque ses illustrations, qu’il publiait alors dans Ici Paris, et lui propose d’assurer deux pages de dessins humoristiques dans son hebdomadaire, Jours de France. Les Parisiennes est le nom que l’homme d’affaires choisit pour le format, un label qui afflige à l’époque Kiraz qui n’imagine pas un seul instant qu’il restera 30 ans au sein du magazine. 
Rapidement, la griffe de l’illustrateur s’impose : difficile de rester de marbre devant ces femmes stylisées, à l'ingéniosité calculée. Le stéréotype agace puis séduit, et rapidement Kiraz décline le format : Les Parisiennes à la plage, Les Parisiennes au volant, Les Parisiennes au bureau... Sorte de version bourgeoise et fashion de notre Martine nationale.

La silhouette longiligne de ses héroïnes servira également à illustrer les campagnes publicitaires de marques comme Renault (pour la Clio Chipie), Perrier, Canderel, Monoprix ou encore Nivea.

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Beaucoup de ses dessins ont été publiés en recueils, essentiellement aux éditions Denoël. Son album Les Parisiennes se marient (1994) sera même préfacé par Carla Bruni. Il laisse en héritage des œuvres qui appellent une certaine légèreté, une envie de vacances et un goût de café à 8 € boulevard St-Germain...

Son style reste inimitable, comme le rappelle sa compagne : « La légèreté apparente de son style était le résultat d’un travail acharné. Kiraz suivait la mode en regardant les jeunes femmes qu’il croquait dans la rue et le monde de la mode suivait ses parutions. Il était rivé à sa table à dessin, expérimentant les harmonies de tons, cherchant toujours la délicatesse... »

Crédit photo : Je les aime comme ça - Editions Denoel 


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