En Allemagne, commémoration des autodafés nazis de livres

Clément Solym - 12.05.2008

Culture, Arts et Lettres - Salons - autodafés - livres - nazi


Pour marquer le 75e anniversaire des autodafés organisés par les nazis, trois mois après l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler, des cérémonies ont eu lieu un peu partout en Allemagne. Cette commémoration se lie à un devoir de mémoire et de solidarité : bien sûr tous les livres n'étaient pas écrits par des juifs, mais ce point devenait évidemment un facteur aggravant.

Éradication par le feu : un préliminaire

Le vendredi 9 mai, l'Académie des Arts de Berlin avait organisé une cérémonie, durant laquelle Hort Koehler était invité à parler. Pour lui, ces autodafés sont les précurseurs de l'Holocauste. « Ce fut simplement une petite étape dans le fait d'isoler les juifs, que de s'en prendre à leurs livres, et un autre petit pas que de passer de l'incinération des livres à celle des hommes », explique-t-il.

Des Sigmund Freud ou des Heinrich Heiner ont ainsi vu leurs livres périr dans les flammes, après ce que les soldats appelaient « un nettoyage de la littérature décadente ». D'autres, comme Bertholt Brecht, ont échappé en partie à ces incendies visant à éradiquer « les oeuvres dégénérées ». Des milleirs d'exemplaires ont cependant été perdus. Un événement qui intervient peu après l'annonce de la réédition du Mein Kempf, récemment autorisé par la Bavière, détentrice des droits.

Histoire par les flammes

Mais le souvenir se fiprobablement le plus fort à Berlin, lorsqu'environ 40.000 personnes se réunirent à l'endroit même où, trois quart de siècle auparavant, les nazis organisèrent leur premier autodafé de livres, le 10 mai 1933.

Plusieurs de ces événements de ce week-end furent organisés par l'université allemande Humboldt, l'Institut Cervantes en Espagne et le parti social-démocrate allemand. Certains auteurs seront d'ailleurs complètement perdus sans compter ceux qui ont été oubliés depuis.