Etonnants Voyageurs : à Haïti, la poésie reste le genre majeur

Clément Solym - 11.01.2012

Culture, Arts et Lettres - Salons - Etonnants Voyageurs - Haïti - Festival


Deux années après la tentative avortée de l'installation du festival à Port-au-Prince à cause du séisme qui a dévasté le pays, le festival Etonnants Voyageurs s'exportera à nouveau en Haïti.

 

Malgré la détermination de Michel Le Bris, directeur du festival de Saint-Malo, le retour d'Étonnants Voyageurs avait toujours été déplacé. Et pour cause, le séisme puis le chaos qui en avait résulté avait contraint le report du festival en mai 2010 à Saint-Malo, ensuite la maladie et l'instabilité politique du pays empêchaient toute nouvelle représentation dans le pays.

 

Mais cette fois, c'est bon ! Michel Le Bris, et les directeurs du festival en Haïti, Lyonel Trouillot et Dany Laferrière, ont vu leur obstination récompensée. Pendant quatre jours, du 1er au 4 février prochain, les auteurs locaux et les invités - on notera la présence de J.M.G Le Clézio, d'Alain Mabanckou, de l'ethnologue Stéphane Breton ou du chanteur Arthur H - se rencontreront pour débattre dans des hauts lieux de la culture haïtienne, comme la Fokal, l'institut français en Haïti ou l'hôtel Babako.

 

 

 

Les débats porteront sur des thèmes d'actualité internationale, comme les printemps arabes, ou sur des interrogations plus spécifiques sur le pays en tant que tel, comme le débat s'intitulant De l'importance de la poésie en temps de crise.

 

Mais le festival est bien sûr l'occasion de faire un constat deux ans après le séisme et la mobilisation internationale qui avait suivi. Et pour Lyonel Trouillot, le constat est amer : « Rien n'a bougé institutionnellement parlant ». Autant dire que la corruption et la fragilité de l'Etat sont toujours deux des tares majeures d'un pays qui figure parmi les plus pauvres de la planète.

 

C'est aussi l'occasion pour le directeur du festival de rappeler l'activité littéraire foisonnante dans ce pays « où la poésie reste le style littéraire le plus influent ». Mais la venue du festival à Port-au-Prince ne permet pas seulement un développement local. Michel Le Bris, directeur du festival à Saint-Malo lui, considère que les auteurs français et plus généralement la France gagneraient beaucoup à s'inspirer de la littérature étrangère et haïtienne notamment.

 

Les principaux partenaires du festival sont l'ambassade de France en Haïti et le ministère de la Culture local. Faut-il voir dans cette alliance institutionnelle pour la culture une éventuelle guérison pour un pays « sous perfusion humanitaire *» demande Pierre Salignon, directeur général de Médecins du Monde ?

 

Rappel : sur les neuf milliards d'aides promis par les États après la catastrophe, un seul a été réellement versé et utilisé en Haïti.