Exposition à la BnF : Lumière sur la ville. Photographies de Nicolas N. Yantchevsky

Cécile Mazin - 12.07.2016

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À compter du 25 octobre et jusqu’au 4 décembre 2016, le photographe Nicolas Nicolaievitch Yantchevsky sera à l’honneur de la BnF. Une exposition, Lumière sur la ville, présentera ses photographies, dans une première rétrospective consacrée à son œuvre. Une réalisation permise par sa fille, qui a remis des tirages et archives à l’établissement en 2013. 

 

 

 

À travers ses vues en clair-obscur du Paris des années cinquante, il a déployé ses talents dans l’art délicat de la photographie nocturne, avec un grand sens de la mise en scène. En l’espace de quelque douze années, sa courte carrière photographique a donné naissance à une œuvre importante au style réaliste et poétique, dans la lignée de ses pairs René-Jacques, Marcel Bovis, Izis, Willy Ronis et du tutélaire Brassaï. 

 

Nicolas N. Yantchevsky débute sa carrière de photographe aux éditions des Presses de la Cité, invité à réaliser les couvertures des romans de Georges Simenon. Pour suggérer l’univers lugubre des romans noirs, il arpente les nuits et les petits matins brumeux de la capitale, en quête de lieux évocateurs : façades de vieux hôtels, impasses, voix ferrées, quais, docks déserts composent des décors sollicitant l’imaginaire des lecteurs. 

 

Parallèlement, pour les besoins de ses jaquettes ou des piges qu’il rédige entre 1954 et 1958, le photographe élabore des saynètes photographiques dans lesquelles ses proches posent pour lui. Celles-ci révèlent un grand talent d’éclairagiste hérité de son expérience de régisseur de théâtre ainsi que son admiration pour une littérature mélancolique et citadine. 

 

 

 

D’une sensibilité lyrique et onirique, Yantchevsky ébauche avec Cocteau un projet de portfolio accompagné de vers, qui restera inédit. Faute de contrats, Yantchesvky abandonne la photographie au début des années 1960 pour se consacrer à l’écriture de romans. L’exposition propose de mettre en lumière le travail indéniablement poétique de ce photographe de l’ombre, à travers un parcours de nuit et de jour dans l’atmosphère mélancolique et onirique du Paris des années cinquante.