Exposition Camus à Aix : de quoi se sentir étranger...

Clément Solym - 17.09.2012

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Albert Camus - Michel Onfray - Aix-en-provence


Le philosophe Michel Onfray avait hier jeté l'éponge. Définitivement. Pas question de continuer à avancer dans la « pétaudière » qu'était l'exposition Camus. Aix-en-Provence se passerait de l'orchestration d'Onfray, et ce dernier était ravi de pouvoir se débarrasser d'un événement qui virait au cauchemar logistique et humain.

 

La Nef des fous, avait assuré Michel Onfray, considérant, dans une tribune accordée au Monde.fr qu' « Albert Camus aura été le grand perdant de ce qui aurait pu être une belle aventure. Mais tout ce qu'il détestait est revenu dans cette affaire comme un boomerang : les politiciens, les héritiers, les réseaux, les tribus, les universitaires, les journalistes, les ministres, Paris... Rien de neuf sous le soleil ».

 

Rien de neuf, peut-être, mais en décidant de renoncer à la direction de cette expo, par un message laconique envoyé depuis Twitter, le philosophe faisait très fort. Et dans un style très césarien : « Michel Onfray ne signera pas la Convention qui aurait fait de lui le Commissaire de l'expo camus à Aix en 2013. » (voir notre actualitté

 

Sauf que du côté de la mairie, si l'on en a copieusement pris pour son grade, Sophie Joissains, l'adjointe à la Culture (UMP), ne s'affole pas outre-mesure, et maintient son intention de réussir cette exposition, qui prend des aspects de l'Arlésienne. 

 

Contactée par l'AFP, l'adjointe explique : « On ne veut pas lâcher l'exposition Camus, alors qu'on a l'extrême chance d'avoir ce trésor en dépôt. » Et dans une vague de confiance incroyable, elle affirme même que l'idée de regagner la confiance de Michel Onfray n'est pas exclue, d'autant plus que la polémique concernerait plutôt une « guéguerre parisienne ». 

 

Alors qu'en est-il ? En refusant de devenir commissaire de l'exposition, Michel Onfray remet un peu les pendules à zéro. Et depuis son message twitter, il se contente de rediffuser des liens d'articles faisant état de son désistement 

 

 

La mairie d'Aix-en-Provence doit savourer la distance du sage sur une situation qu'il regarde de loin. « Je n'ai accepté le commissariat de cette exposition que dans la mesure où il préludait à la pérennisation de ce travail dans un Musée Albert Camus - ce qui a été accepté par Mme Joissains », avait-il originellement déclaré à l'AFP, en confirmant qu'il allait prendre la place de commissaire.

 

Une place originellement attribuée à Benjamin Stora, un commissaire que la ministre de la Culture en personne avait fermement défendu... Entre différents politiques et éviction douteuse de l'ancien commissaire d'exposition, Benjamin Stora, Mme Filippetti a annoncé son « regret » relativement à cette absence.

 

Pour marquer le coup, elle avait également annoncé que son ministère ne financerait pas le projet et que la manifestation ne bénéficiera pas du logo officiel. « Benjamin Stora est un de nos meilleurs connaisseurs de l'Algérie. Il aurait pu donner un éclairage passionnant sur les rapports de Camus avec l'Algérie » , avait alors assuré la ministre sur France Culture.