Exposition Eikoh Hosoe : Barakei - portrait de Yukio Mishima

Nicolas Gary - 23.08.2016

Culture, Arts et Lettres - Expositions - Eikoh Hosoe Barakei - exposition Eikoh Hosoe - portrait de Yukio Mishima


Né en 1933, le photographe Eikoh Hosoe vit sa jeunesse dans un Japon anéanti par la guerre. En 1963, il crée avec Yukio Mishima l’album Barakei –  Killed by Roses, qui met en scène le sulfureux auteur, et élève le photographe à une notoriété internationale fulgurante. Barakei est le chef d’œuvre incontesté de Eikoh Hosoe.

 

 

 

Du 27 octobre au 23 décembre 2016, la galerie Eric Mouchet présente exceptionnellement cette fable photographique érotique et morbide, qui traduit par la provocante allusion à l’homosexualité de l’écrivain Yukio Mishima et le désespoir d’un immense auteur érudit, refusant le déclin de son pays et de son corps. 

 

Les photographes d’avant garde de la génération d’Eikoh Hosoe, déchirés entre l’autoritarisme nationaliste et une ouverture sur un occident vainqueur et néanmoins tentateur, témoignent tous, d’une façon ou d’une autre, de l’effondrement des traditions et d’une suprématie japonaises millénaires. 

 

Leur émancipation passe par leur regroupement au sein de collectifs tels que Jūnin-no-Me en 1956-57, et VIVO au début des années 1960, mais également par de nombreux échanges interdisciplinaires. 

 

Suite à sa rencontre avec le charismatique créateur du théâtre Butoh Tatsumi Hijikata, Hosoe est remarqué dès 1961 pour son livre superbement réalisé – Man and Woman – qui transcende l’art de l’érotisme par sa théâtralisation graphique. Puis en 1963, Hosoe crée avec Yukio Mishima l’album Barakei – Killed by Roses, qui met en scène le sulfureux auteur, et élève le photographe à une notoriété internationale fulgurante. 

 

Dans Barakei, Mishima, toujours dénudé, est alternativement capturé au milieu des ors kitsch de sa maison de Tokyo, ou dans le studio de danse désert de Hijikata, quand d’autres prises de vue rendent hommage à son amour pour la peinture renaissante européenne, et particulièrement pour son iconographie très charnelle du martyr de Saint Sébastien. 

 

 

 

Barakei est une fable érotique et morbide, qui traduit par sa provocante allusion à l’homosexualité de Mishima, le désespoir d’un immense auteur érudit, qui refuse le déclin de son pays, et de son corps. Barakei est le chef d’œuvre incontesté de Eikoh Hosoe. 

 

Les photographies de Eikoh Hosoe est présenté à Arles dans l’exposition Pas de deux, Kazuo Ono par Eikoh Hosoe et William Klein, du 4 juillet au 28 août, Chapelle Saint-Martin du Méjan, Arles.


L’exposition s’inscrit dans le parcours Photo Saint Germain - le parcours photo de la rive gauche, du 4 au 20 novembre 2016. 

 

Collectionneur depuis toujours, Eric Mouchet exauce sa passion pour le partage de la connaissance en ouvrant à l’automne 2014 sa propre galerie consacrée à l’art contemporain. « Pour résumer, je dirais que mon artiste idéal – moderne ou contemporain – est un artiste qui a un véritable propos politique ou sociologique portant sur des préoccupations de son époque, et qui parvient à en faire jaillir une œuvre sensible en mettant en œuvre une très grande économie de moyens », explique Eric Mouchet.