"Favoriser l'intime" et "désacraliser", la littérature selon Poelvoorde

Louis Mallié - 28.05.2014

Culture, Arts et Lettres - Salons - Poelvoorde - Intime Festival - Lonsdale


« Je suis très ému aujourd'hui. Je n'y ai pas cru pendant très longtemps... Mais cette année, ça va être de la bombe parce que l'écho de l'an dernier nous a permis d'acquérir un certain sérieux », a déclaré Benoit Poelvoorde mardi matin, d'après Belga Press, promettant beaucoup de « surprises » à venir pour ce « chapitre 2 » de l'Intime festival qui se tiendra au Théâtre de Namur (Belgique), du 29 au 31 août.

 

 

 

 

Benoit Poelvoorde poursuit sur la même ligne directrice que l'an dernier : pour ce festival, il entend « désacraliser la littérature et le cinéma », en en proposant une vision intime. « Ce n'est pas Dieu qui est condamnable, mais l'usage qu'on en fait. Les gens m'ennuient à sacraliser les choses. Rien, ni personne n'est sacré. C'est un métier ! Et certains le font mieux que d'autres », explique-t-il. 

 

L'an dernier, pour la première édition du festival l'acteur avait déjà déclaré « c'est pas un festival littéraire, le maître mot c'est l'intime, (…) parce que lire est une rencontre privilégiée avec vous même », soulignant le moment privilégié que constituent les lectures d'acteur. « Quand l'acteur lit un livre, vous avez l'impression qu'il se confie à vous ».

 

« C'est nécessaire à notre époque d'écouter sans image, de se réunir entre nous, nous qui sommes si bousculés dans la vie. Je ne gagne rien à faire cela, je ne fais pas de promotion. C'est un cadeau tout ça. La littérature est un instant où on est seul avec soi, ses doutes, sa joie et ses espoirs aussi. », a-t-il déclaré dans une interview consacrée à l'agence Belga mardi après-midi, insistant également sur la convivialité induite :  « Mes meilleurs moments l'an dernier, c'étaient les réunions ici en bas du théâtre, quand les gens parlaient de littérature, du plaisir d'avoir découvert un livre ou me conseillaient tel ou tel bouquin ».

 

Valoriser l'intime donc, pour donner, et ce, en dépit même des pointures qui monteront sur scène dans le cadre des lectures : Dominique Blanc, Michael Lonsdale, Michel Villermoz, Niels Arestrup, Anne Consigny qui liront aussi bien Marguerite Duras, Romain Gary, Albert Cohen, Annie Ernaux ou William Styron ...

 

Pour autant, contrairement à l'an dernier, l'acteur ne fera pas de lecture : « J'ai eu trop peur, j'ai failli bousiller mon festival tellement j'ai eu peur, je tremblais », se souvient-il.  « Je ne veux plus faire cela et faire passer avant tout mon plaisir de spectateur. Je veux voir Michael Lonsdale lire Le livre de ma mère, ce sera un grand moment. Cet homme pourrait lire le bottin ou un programme électoral qu'on serait encore émus ! »