Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Favoriser les échanges entre éditeurs : les salons de Montreuil et Turin s'associent

Nicolas Gary - 14.12.2016

Culture, Arts et Lettres - Salons - Montreuil salon jeunesse - Turin salon livre - échanges partage éditeurs


Le Salon du livre de Turin connaîtra un grand renouveau en 2017, du 18 au 22 mai, sous la direction de l’écrivain Nicola Lagioia. Ce dernier a achevé son tour de l’Italie, pour rencontrer les éditeurs et définir tant la programmation que les attentes.

 

Salon de Turin

 

 

L’une des premières nouveautés, c’est que la mise en vente des billets d’entrée est déjà proposée : à partir de 10 € si on les prend sur place, mais un tarif à 6 € est avancé. Et pour ceux qui achèteront plus de 30 € de livres dans les librairies partenaires se verront offrir une entrée gratuite. Et deux entrées pour plus de 40 €. Malin...

 

L’opération a été rendue possible parce que les différentes librairies de Turin et du Piémont se sont associées, avec le concours de l’Associazione Librai Italiani et du Sindacato Italiano Librai. Dans un communiqué, Mario Montalcini, président de la Fondazione per il Libro, assurait : « Les librairies indépendantes sont un maillon essentiel dans la chaîne du livre et la promotion de la lecture. À Turin, elles ont créé un réseau stable et uni. »

 

Montreuil et Turin, l'échange et le partage

 

Ce qu’il est plus intéressant encore de noter, c’est qu’un accord a été passé avec le Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, pour un jumelage entre éditeurs français et italiens. « Chaque éditeur qui accueillera sur son stand un éditeur français pourra le faire grâce à l’investissement du Salon de Montreuil. »

 

L’objectif est de sensibiliser les acteurs des deux pays pour favoriser les échanges. Sans oublier que la vente de droits de livres italiens, tout particulièrement dans le secteur jeunesse, a connu une belle croissance.

 

Mario Montalcini assure que cette opération permettra de « renforcer les relations directes avec les éditeurs italiens, y compris les plus petits et les plus internationaux », rapporte l’agence AGI. Autrement dit, les maisons françaises intéressées sont invitées à se manifester auprès de Montreuil, qui agira dans ce sens. Il s’agit par ailleurs d’un modèle déjà déployé entre Montreuil et Bologne, la grande Foire du livre jeunesse italienne. 

 

L'écrivain Nicola Lagioia devient directeur du Salon de Turin : “Priorité aux jeunes” 

 

Mais Turin est aussi au cœur d’un conflit ouvert alors que s’amorce une autre manifestation, à Milan. Et pour certaines maisons, il faudra faire des choix – on en compte déjà qui ont pris position en faveur de l’une ou l’autre manifestation, ou encore, comme Adelphi, qui annoncent tout de go une année sabbatique. De son côté, Carlo Feltrinelli a assuré que son groupe prendrait part aux deux événements – aucune raison de se priver. 

 

La maison indépendante Chiarelettere, par la voix de Lorenzo Fazio, a tenu à préciser le fond de sa pensée. La maison ne se rendra qu’à Tempo di Libri, le salon de Milan : s’il présente ses meilleurs vœux à l’équipe de Turin, il déplore avant tout que l’on ne cesse de parler de « guerre [entre les salons] à un moment où personne n’en ressent le besoin, et où nous aurions tous besoin d’une politique culturelle commune. Toute manifestation en faveur de la lecture doit être défendue et promue. »

 

via Il Libraio