Festival America : la littérature américaine, polyphonique et fascinante

Clément Solym - 25.09.2010

Culture, Arts et Lettres - Salons - auteurs - americains - litterature


Le Festival America de Vincennes bat son plein, et donne aussi l'occasion de se pencher sur la production en France d'oeuvres traduites et issues de la littérature américaine.

Par America, précisait Francis Gefard, secrétaire général du festival et directeur, toute l'Amérique du Nord, avec le Mexique finalement. On retrouve ainsi les Antilles, le Canada, Cuba ou encore Haïti. Pour l'année 2009, la production de romans étrangers comptait 3499 oeuvres, sur les 8692 publiées, avec une proportion de 2669 issues de l'anglais, que ce soit Australie, Angleterre ou États-Unis, rapporte l'AFP.

L'oeuvre traduite

Mais dans l'ensemble de ces textes, les Américains y sont pour plus de la moitié. Une logique qui est à l'inverse de ce qui se passe pour les oeuvres françaises, rappelait Le MOTif, durant une conférence. « L'engouement pour les traductions n'est pas spontané. On prend ce que le marché offre. Mais la découverte d'auteurs étrangers, cela passe par une pédagogie - et le déclin de l'enseignement du français en cours participe au manque d'intérêt des lecteurs, si l'on peut dire. » (voir notre reportage)

Mais voilà : pluriel et polyphonique, à l'image des pays, le marché du livre américain impressionne et fascine. Des auteurs comme Bret Easton Ellis, paru chez Robert Laffont pour son dernier livre Suites impériales, atteint 90.000 exemplaires de tirage. Les autres ne sont pas en reste, et les grosses cylindrées de l'édition d'outre-Atlantique continuent de faire rêver. Maggie Doyle, responsable des acquisitions explique : « Les critères sont très personnels. Il y a des manuscrits qui vous parlent, avec une qualité d'écriture et de narration, les agents américains en qui on a confiance, nos auteurs étrangers qui nous signalent un jeune écrivain, le relais des éditeurs européens. »

Réseau et vigilance

Et le principal moteur reste le réseau local des oeuvres nouvellement découvertes, qu'il immédiatement signer. Pour d'autres, comme le Diable Vauvert, ce sont des accords de longue date, voire de tradition. Ainsi, Charles Recoursé, éditeur, nous explique que le nouveau roman de William Gibson, Zero History, sera publié l'an prochain pour la rentrée littéraire de 2012. Pas d'inquiétudes pour les fans, ici, c'est une affairez qui roule.

Mais chez certaines maisons, c'est une très grande partie du catalogue qui est 'étrangère'. 40 % des livres chez Albin Michel, 40 % itou chez Belfond... La chef produit livres de FNAC, Laurence Deschamps constate simplement : « La prédominance des Anglo-Saxons est très nette chez nous comme ailleurs. »