Fête de la librairie : Eloge des cents papiers, à découvrir

Clément Solym - 22.04.2011

Culture, Arts et Lettres - Salons - fête - librairie - indépendante


Demain, samedi 23 avril, les librairies seront à la fête pour leur 13e Edition de la Fête de la librairie. À cette occasion, un petit livre sera proposé aux clients qui viendront d'abreuver de livres : l'Éloge des cents papiers. Un recueil de quinze textes à découvrir uniquement chez son libraire. (notre actualitté)


Pour donner un avant-goût de ce texte et - pourquoi pas - susciter le plaisir d'une visite, ActuaLitté vous propose d'en découvrir un extrait.
Chère lectrice, cher lecteur,
Beaucoup de livres, aujourd’hui encore, passent par les mains des libraires.
Ces mains, comme celle du boulanger, comme celle du joaillier, comme celle de la fileuse, ont une histoire. Elles ont été pétries par un savoir ancien qui s’est élaboré durant des siècles et sans cesse a été questionné, rejoué, menotté...Ces mains se sont adaptées à de nouveaux supports, de nouveaux formats, de nouvelles techniques, ces mains ont accompagné l’histoire du livre, elles se sont rebellées lorsqu’on a voulu porter atteinte à ses contenus, elles ont facilité la circulation d’idées dérangeant les pouvoirs établis.
Ce qui est surprenant, lorsque nous débutons dans la Librairie, c’est que tous les matins ces mains doivent travailler leurs gammes, et cela jusqu’à la fin de notre pratique. Ces gammes, que sont le classement et la réception des livres, les recherches bibliophiliques, l’organisation de la connaissance, la formation du goût, les commandes, les retours, demandent une répétition inlassable.
Tout cela donne à votre esprit une forme, une modestie, une souplesse et une hospitalité intérieure…
Je l’avoue, l’essentiel de notre métier est d’abattre murs et limites intellectuelles, réticences, défenses devant l’irruption de l’Inconnu, de l’Insolite…
Vous pouvez le vérifier, la grande phrase récurrente du libraire est : « Je n’ai plus de place », et le miracle récurrent de la librairie : trouver… toujours de la place.
La longue et laborieuse affaire de la librairie est souvent, dans un premier temps, de procéder à cette éviction du nouveau qui oblige à repenser l’ensemble d’une installation…
Ce qui me fait plaisir dans ce métier est aussi de pouvoir redevenir une « débutante » quand je le désire, de revenir à ce balbutiement qu’est le classement des livres.

 
Vous pouvez aussi télécharger l'extrait à cette adresse.