Fethullah Gülen, écrivain turc, élu intellectuel public n°1 par Foreign Policy

Clément Solym - 24.06.2008

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Fethullah - Gülen - intelllectuel


Est-ce que le mouvement impulsé par Fethullah Gülen, imam d'origine turque, penseur et écrivain, également salué comme numéro un des 100 Meilleurs intellectuels publics par le magazine Foreign Policy cette année, est une représentation moderne de la marque 'islam' ou une subtile tentative pour infiltrer la religion dans une Turquie laïque ?

Auteur de plus de 60 livres, les 500.000 voix qui l'ont élu au rang d'intellectuel de l'année ont largement participé à le faire connaître. D'ailleurs, on constate que dans le top 10, toutes étaient musulmanes, avec entre autres deux lauréats du prix Nobel, le romancier Oran Pamuk et Shirin Ebadi, Iranien oeuvrant pour les droits de l'homme.


Si les résultats ont surpris les organisateurs, le Mouvement Gülen, comme ils l'ont décrit provient probablement de ce que le magazine réalise ses meilleures ventes dans le pays. Pour David Goohart, éditeur de Prospect, le pendant de Foreign Policy, il s'agit là d'une orientation politique claire pour la Turquie. « Sa victoire attire l'attention sur les plus importants conflits en Europe, qui se joue en Turquie, entre les nationalistes laïques et les démocrates musulmans ».

Le groupe, AKP, dernièrement accusé d'être une structure politique fantôme, et d'avoir des liens avec des groupes terroristes radicaux, par Moscou, est fortement rattaché à Gülen, qui vit exilé aux États-Unis depuis 1998. À ce titre, on a même contesté le vote, en affirmant qu'il était trafiqué. Mais Bulent Kenes, rédacteur en chef, nie ces affirmations. « Il y a beaucoup de gens qui promeuvent les idées de Gülen, qui contribue à la paix dans le monde en exhortant le dialogue et la tolérance. »

Gülen s'était manifesté à la suite du 11 septembre en traitant Oussama Ben Laden de monstre.