Fidel Castrop présente ses mémoires de jeune rebelle

Clément Solym - 10.08.2010

Culture, Arts et Lettres - Salons - Castro - mémoires - Cuba


« Je ne suis pas né politicien, cependant, enfant, j’ai observé des évènements qui ont marqué au fer rouge mon esprit et m’ont aidé à comprendre les réalités du monde ».

Devant un parterre de vieux frères d'armes, Fidel Castro a présenté les 896 pages de ses mémoires lundi, a annoncé l'AFP. Ponctué de cartes, de photographies et de documents, l’ouvrage sera publié en ligne jeudi sur Cubadebate.com. Une semaine avant son 84e anniversaire, le Lider Maximo livre un récit autobiographique étroitement mêlé de réflexions sur son parcours jusqu’à la prise militaire de la Havane en 1959 avec ses « Barbudos ».

Être Fidel au monde

Intolérance du monde adulte, injustice incarnée par l’empire colonial yankee sur l’île et passion de toujours pour les armes à feu : le jeune Fidel porte déjà en germe la figure du père de « la patrie ou la mort ». Conçu comme la première partie d’exhaustives mémoires, le livre évoque l’enfance d’un chef depuis sa prime jeunesse dans l’est du pays jusqu’à son cursus en droit à la Havane en passant par les années d’adolescence dans une école tenue par les jésuites.


Dans ses confessions, El Jefe (le chef) compile quelques souvenirs qui marquent sa prise de conscience de la chose politique, ou plutôt révolutionnaire, jusqu’au commandement du parti communiste. Parmi les plus marquants, il faut citer l’empoignade avec un professeur qu’il dit violent. « Je lui ai jeté [une tartine de pain beurré] à la figure… ensuite je l’ai frappé avec mes mains et mes pieds d’une telle manière, devant tous les élèves… que son autorité et ses abus ont été discrédités ».

Le temps de l'adulation puis du combat

Un épisode d’une sainte colère entre tant d’autres. Mais il y aussi l’époque de l’admiration de grandes figures américaines comme le président Roosevelt à qui il écrit une lettre « pleine d’admiration », et dont l’ambassade américaine à Cuba lui renverra une missive pleine de reconnaissance.

Mais l’adulation ne dure qu’un temps. Plus loin, l’autocrate confie : « Je savais que l’ennemi se situait au-delà de la tolérance. Dans mon esprit généreux, il n’y avait aucune alternative possible sauf de faire face à la menace. Je pourrais me munir d’un pistolet et je voudrais le garder sur moi ». Une menace incarnée par « l’empire » voisin qu’il était prêt à combattre malgré l'expansion américaine. Un désir qu’il explique en parti par « un esprit de compétition, de suffisance peut-être aussi, et de vanité ».

Dans le même temps, Lider a annoncé qu’il travaillait actuellement au second volet de son autobiographie qui relate son entrée dans la Havane le premier janvier 1959.


(Crédits photographiques Agência Brasil/Antônio Milena/ABr)