Fifi Brindacier, symbole de la lutte pour le droit des femmes

Cécile Mazin - 11.03.2016

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Astrid Lingren Fifi - prix droits femmes - Tatouage magique album


L’association Brindacier puise ses origines dans le fameux personnage de Fifi Brindacier, héroïne de littérature jeunesse, imaginée par Astrid Lindgren. « Cette petite fille rousse de neuf ans, très émancipée, a contribué à lutter contre les représentations stéréotypées et sexistes, devenant d’ailleurs un objet politique, étendard de combats féministes en Suède. » Le prix qui porte son nom défend donc logiquement les mêmes valeurs. 

 

 

 

L’initiative de Catherine Coutelle, avec le concours de la librairie La Belle Aventure, a donné naissance à ce prix décerné annuellement le 8 mars. Coïncidant avec la Journée internationale des droits des femmes, le prix avait été remis dès 2013. « Sous la présidence de Delphine Le Bihan, 6 membres fondateurs ont préparé cette nouvelle édition, toujours sous le marrainage de Catherine Coutelle et avec la participation de La Belle Aventure. »

 

C’est ainsi que le livre de Dider Levy et Mathieu Roussel, Le tatouage magique, qui a été récompensé pour 2016 (publié chez Sarbacane).

 

Quand son maître, le plus fameux tatoueur de la ville, lui annonce sa retraite prochaine, la jeune Naomi est effondrée. Que va-t-elle devenir, elle qui ne sait rien faire que le servir ? La voilà partie sur les chemins, forte, tout de même, d’un tatouage offert en cadeau d’adieu : un petit singe, qui, comme par magie, va s’animer et l’encourager à chaque épreuve. Et celles-ci vont être de taille, à commencer par un face-à-face terrifiant avec un gros monstre terriblement poilu !

 

Le jury a notamment salué ce conte initiatique « au bout duquel Naomi découvre la confiance dans ses propres ressources ». Une histoire pour apprendre que « si les maîtres sont nos guides, seule l’expérience personnelle mène à la réalisation de soi ». Dans le monde imaginaire déployé, « les filles affrontent les épreuves sans pour autant se prendre pour des garçons... »

 

Didier Levy explique : « J’écris des histoires où les filles sont fortes. Déterminées. Libres. Elles ne naissent pas toutes ainsi, mais elles le deviennent, au gré des épouvantables péripéties qu’elles rencontrent. Je voudrais que ces petites héroïnes soient contagieuses. Et qu’elles donnent envie à tous les lecteurs (filles et garçons) de s’affirmer et d’aller sereinement dans la vie. Je suis un utopiste. Je pense que les livres pour enfants peuvent construire un monde meilleur. Un monde où les garçons respecteront enfin pleinement les filles. Allez, même s’il y a encore du boulot, on y croit ! »

 

« Je suis très heureux de recevoir ce Prix Brindacier 2016. Participer à lutter contre les représentations stéréotypées et sexistes a pour moi une grande importance. Personne n’empêchera une fille d’aimer le rose à la condition que cet enfant ait le choix. Or nos enfants sont soumis en permanence aux stéréotypes. Il suffit de regarder les pages d’un catalogue de jouets à Noël pour y constater que celles des filles y sont souvent roses.

 

Les outils essentiels pour mener cette lutte sont, pour moi, l’éducation, l’ouverture d’esprit et la tolérance. Et si ce livre contribue à cette lutte, j’en suis très fier. Un grand merci à Didier Levy, pour son texte tout en nuance, et à Sarbacane pour la confiance qu’ils nous ont accordée sur ce projet », indique Mathieu Roussel.