Fifty Shades au cinéma : pas assez porno pour les journalistes

Louis Mallié - 26.03.2014

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - E.L James - Fifty Shades of Grey - Dakota Johnson


Pas toujours aisé d'adapter un livre au cinéma, surtout quand on a le poids de 70 millions de lecteurs à satisfaire… Les premières séquences du film Fifty Shades of Grey, inspiré de la trilogie érotique de E.L. James semblent avoir laissé les journalistes sur leur faim. Et pour cause : la version cinéma ne serait pas assez sadomasochiste par rapport à l'originale. 

 

 

 

 

Pour l'annuel CinemaCon de Las Vegas qui a eu lieu hier, les studios Universal ont fait le pari aguicheur de dévoiler quelques extraits de leur adaptation. Avec Jamie Dornan pour incarner le milliardaire coquin Christian Grey, et Dakota Johnson la consentante et soumise Anastasia Steele, le film avait un petit potentiel érotique/distingué non négligeable à la 9 semaines 1/2.

 

Les journalistes semblent pourtant avoir été déçus. Le Hollywood Reporter a ainsi qualifié les séquences de « plus romantiques que sexuelles », ajoutant : « Il y a eu une brève séquence où l'on voyait Johnson dans une chambre rouge portant un bandeau noir sur les yeux, mais le reste présentait leur relation comme celle d'un couple amoureux. » Ce qui est presque une insulte à l'audace et la créativité des deux personnages du roman - mais aussi à l'imagination du lecteur. 

 

Wrap Magazine n'a pas hésité à qualifier les extraits du film d'« étonnamment fades », précisant que tout l'aspect sadomasochiste semblait avoir été remplacé par la romance. « La majorité des séquences montrent principalement deux beaux acteurs se faisant les yeux doux dans des ballades en hélicoptère et des interviews. » 

 

Le magazine Variety a également déploré la déformation des scènes aperçues lors de la projection : « le film ressemble plus à une histoire d'amour qu'à une relation sadomasochiste. La désormais célèbre séquence d'échange dans l'ascenseur est devenue une scène de regard. »  Une portée provocatrice et aguicheuse avortée donc ? En y réfléchissant bien, il aurait été surprenant de voir un producteur aussi renommé et grand public que celui de Babe, Gainsbourg vie héroïque, ou Robin des bois se risquer sur la voie qu'emprunte le livre, souligne le Guardian.

 

Mais le succès du livre ne réside-t-il pas dans ce qu'Universal paraît avoir nuancé ? Il ne serait pas étonnant que Variety ait raison, et que que pour l'adaptation d'une histoire aussi sulfureuse « Universal soit resté prudent. » Ce ne sont que des suppositions bien sûr, et on s'abstiendra bien de juger avant d'avoir vu le film dont la sortie est prévue en février 2015, à quelques jours de la Saint-Valentin...