Fleur Pellerin veut jeter des ponts entre théâtres public et privé

Antoine Oury - 14.10.2014

Culture, Arts et Lettres - Théatre - Fleur Pellerin théâtre public - théâtre privé - ASTP intermittents


Contrairement à sa prédécesseure Aurélie Filippetti, Fleur Pellerin ne s'est pour le moment pas heurté aux intermittents du spectacle, et à leurs revendications sur le régime chômage. Pourtant, elle est intervenue pour le cinquantième anniversaire de l'Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP), où elle a fait part de sa volonté de voir s'associer les secteurs public et privé.

 

 

Passation de pouvoirs entre Aurélie Filippetti et Fleur Pellerin - Ministère de la Culture

Passation de pouvoirs entre Aurélie Filippetti et Fleur Pellerin, fin août 2014

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Comme le rapporte Le Monde, la soirée a été placée sous le patronage de Laurent Terzieff, acteur et dramaturge disparu en 2010, par sa citation, « Le théâtre ce n'est pas ceci OU cela mais ceci ET cela. » Une façon comme une autre d'incarner les discours de Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, et de Bernard Murat, président du Syndicat national des directeurs et tourneurs du théâtre privé (SNDTP).

 

La ministre venait saluer le travail du fonds de soutien géré par l'ASTP, financé par une taxe de 3,5 % sur la billetterie et des subventions en provenance du ministère et de la Mairie de Paris, cette dernière étant impliquée en raison de la forte présence des théâtres privés dans le paysage de la capitale (53 théâtres privés au sein de l'ASTP, dont 51 à Paris).

 

Bien entendu, on devine les raisons qui motivent Fleur Pellerin et la Mairie de Paris à appeler au décloisonnement des secteurs publics et privés : avec la baisse des budgets de l'État et des collectivités, les fonds privés sont attendus pour prendre le relais. « Il n'est pas question d'opposer ces deux secteurs ni de les comparer ou les assimiler. Le théâtre français marche sur deux jambes, c'est ce qui fait sa force. Pour préserver cet équilibre, il faut encourager le travail en commun », a souligné la ministre pendant son discours.

 

En mai 2014, signale encore Le Monde, un rapport de la Cour des Comptes encourageait le ministère de la Culture à « favoriser les échanges de spectacles entre secteurs privé et subventionné, notamment en intégrant cet objectif dans les cahiers des charges des lieux subventionnés par l'État ». Reste à voir ce qu'en pensent les directeurs, et si cet objectif sert les intérêts de la diversité culturelle.

 

Ce même rapport a d'ailleurs été dénoncé par le Syndicat National des Entreprises Artistiques et Culturelles (SYNDEAC), qui y voit « des raccourcis qui renient 60 années de décentralisation culturelle ». La comparaison entre les deux réseaux n'a pas lieu d'être, d'après le syndicat, dans la mesure où les objectifs ne sont pas les mêmes.

 

Le théâtre subventionné a bien un coût dans les dépenses publiques : c'est le prix d'un accès démocratique et populaire pour près de 4 millions de spectateurs à quelque 15.000 représentations annuelles dans un réseau de plus de 120 établissements labellisés, sans compter les centaines de lieux et festivals subventionnés qui remplissent également d'importantes missions de service public des arts et de la culture, explique le SYNDEAC dans un communiqué.