Foire de Londres : “Les Anglais prennent des rendez-vous et ne viennent pas”

Antoine Oury - 15.04.2016

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À la sortie de la Foire de Londres, hier soir, la fatigue va de pair avec la satisfaction pour les éditeurs français qui terminent leur journée sur le stand du BIEF. Trois jours durant, les rendez-vous se sont succédés pour tenter de vendre des droits de traduction. Un travail qui s'effectue sur la durée, même si la Foire permet de renforcer la relation entre les professionnels, ou de rencontrer de nouveaux collègues.

 

London Book Fair 2016

Le stand France, toujours bien placé à la Foire du Livre de Londres

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Pour les éditeurs présents sur le stand du BIEF, les rendez-vous de Londres et Francfort sont toujours aussi importants pour les ventes de droits mais le travail auprès des éditeurs étrangers se déroule avant tout en dehors des Foires. « D'ailleurs, les cessions de droits effectuées avant la parution sont le meilleur argument auprès des éditeurs étrangers », explique Sarah Hirsch, éditrice et responsable des droits pour les éditions Héloïse d'Ormesson. Pour elle, Londres a été particulièrement fructueux avec une cession à 6 chiffres à un éditeur allemand pour les droits du livre Entre ciel et Lou de Lorraine Fouchet, une première pour la maison.

 

Le marché allemand est l'un des plus dynamiques : « Il va plutôt bien, comme d'habitude », souligne une éditrice, et son emplacement, en face du carré français, est assez représentatif de la relation entre les deux pays. 

 

À l'inverse, les éditeurs anglo-saxons restent toujours aussi inaccessibles : « Ils prennent des rendez-vous et ne viennent pas. On ne voit pas les éditeurs américains, et les Anglais restent au bureau le jeudi », témoigne une éditrice plutôt remontée. « Ceux qui publient déjà des titres français qui fonctionnent reviennent, mais pour les autres... »

 

Aussi, lorsque des Anglo-saxons se décident sur un titre, comme le Vivez mieux et plus longtemps du Dr Michel Cymes chez Stock, c'est un peu le jackpot. « Le Dr Cymes était déjà un peu connu à l'étranger grâce à Hippocrate aux enfers, et un ouvrage qui fonctionne permet aussi d'en proposer d'autres, grâce à la relation de confiance qui se construit entre les éditeurs », souligne Marielle Kalamboussis, responsable des cessions de droits.

 

Aux Éditions de l'Olivier, on a pu rencontrer une nouvelle éditrice de chez Shanghai 99, maison chinoise, afin de conclure la parution de l'ouvrage Le grand marin de Catherine Poulain, récit d'un dépassement de soi par une femme qui s'exile en Alaska auprès des pêcheurs. « Le sujet du livre le rend facilement exportable, il s'est très bien vendu dans plusieurs pays et c'est ce que de nombreux éditeurs regardent en premier » témoigne Violaine Faucon. Les prospectus mis à disposition par les éditeurs mettent en effet cette info en avant...

 

London Book Fair 2016

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

De l'avis général, ce n'est pas à Londres, trop court, que l'on investit de nouveaux marchés, « mais plutôt à Francfort », explique Claire Teeuwissen, directrice des cessions de droits pour Actes Sud. La maison a été sacrée éditeur adulte de l'année à la Foire, mais « les effets du buzz se sont surtout ressentis auprès des gens qui avaient déjà des rendez-vous avec Actes Sud, et qui ont pu nous féliciter personnellement ».

 

Cela dit, le groupe avait déjà une belle série de livres à mettre en avant, entre le Boussole de Mathias Énard vendu dans 20 pays, Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud, vendu dans 30 pays, ou Dernier amour d'Attila Kiss de Julia Kerninon, récent prix de la Closerie des Lilas. Évidemment, les récompenses font aussi le succès d'un livre auprès des acheteurs potentiels.