Foire du livre d'Alger : belle réussite, sur fond de controverses

Clément Solym - 08.11.2010

Culture, Arts et Lettres - Salons - algérie - salon - livre


La Foire du livre d'Alger s'était ouverte sur fond de polémique, tout à la fois avec les éditeurs égyptiens, parmi les 460 présents durant la manifestation, et les footballeurs. Si, si, les deux sont liés.

Parce que la rivalité durant la Coupe du Monde entre les équipes des deux pays, pour une bisbille - dont on sait qu'en matière sportive, cela dégénère rapidement au pugilat. Pour Ahmed Bensaada, médecin et auteur, cité par Magharebia, refuser l'invitation à l'Égypte fut une erreur : « En prenant une telle décision, on punit les peuples égyptiens et algériens. Le livre, la littérature et la culture n’ont pas à payer pour les comportements désobligeants des hooligans. » (notre actualitté)


Dans tous les cas, la Foire, achevée ce samedi 6 novembre aura été un succès, réunissant en plus des pays pas vraiment coutumiers de la manifestation, comme l'Inde, la Pologne ou les États-Unis, venus pour la première fois. Selon les organisateurs, le public aura été au rendez-vous, avec une fréquentation quotidienne entre 100 et 150.000 personnes.

Pourtant, les visiteurs à l'intérieur auront quelque peu pesté de se rendre compte que le prix des ouvrages était assez élevé, sur les stands des exposants. En dépit de la détaxe effectuée pour le Salon international du livre d'Alger, les éditeurs affirment que les frais de transport étaient élevés, et nécessitaient une hausse des tarifs.

Annonces et renonces


Reste que durant la manifestation, le ministre de la Culture, Khalida Toumi, a annoncé que désormais, les opérateurs de téléphonie mobile allaient alimenter le Fonds d'aide à l'édition et au livre, ou FDAL, avec une ponction de l'ordre de 0,5 % sur leur chiffre d'affaires. À prendre ou à prendre - mais probablement déjà négocié.

Cette 15e édition avait comme invité d'honneur la Suisse. Le Salon avait également essuyé un vent de protestation, alors qu'Ahmed Madi, du SNEL avait proposé de boycotter la manifestation, contre la décision du commissaire Smaïn Ameziane d'exclure l'Égypte de cette édition. Ce dernier est directeur des éditions Casbah et ancien président du Syndicat national des éditeurs de livre. C'est à la suite d'une assemblée générale extraordinaire que Fayçal Houma avait alors pris sa place.

À cette période, le ministère de la Culture n'avait pas fait la moindre déclaration sur ce choix pourtant contestable.