Foire du livre : Malgré les arrestations, Francfort invite la Turquie

Clément Solym - 25.09.2008

Culture, Arts et Lettres - Salons - Foire - Francfort - livre


La Foire du livre de Francfort a fait part de sa décision de maintenir l'invitation de la Turquie, invitée d'honneur de cette année, alors que le nombre d'arrestations dans le pays augmente, du fait de la loi 301 autorisant une censure d'État et que plusieurs écrivains ont menacé de boycotter la manifestation.

380 personnes sous les verrous

En effet, on déplore une recrudescence de 60 % du nombre d'éditeurs, journalistes et militants emprisonnés - ils seraient 380 à ce jour, annonce le quotidien indépendant Bianet.

En juin dernier, nous apprenions que Ragip Zarakolu, l'éditeur, était ainsi emprisonné pour insultes à la Turquie. De même, une vingtaine d'auteurs menace de ne pas se rendre à la Foire, affirmant que le gouvernement turc s'en sert pour ses propres fins.

La liberté d'expression au programme

« Nous ne sommes pas en position de dire à d'autres gouvernements ce qu'ils doivent faire », explique Thomas Minkus, vice-président marketing et ventes pour la Foire. « Nous aurons des discussions franches et ouvertes sur tous les sujets possibles et nos invités devraient être préparés pour cela ; c'est en cela que nous croyons et nous attendons que nos invités ne se défilent pas. »

De son côté, l'éditrice indépendante Muge Sokmen, qui est coprésident du comité organisateur cette année, a contesté l'affirmation des boycotteurs : le gouvernement n'a pas eu d'influence dans la programmation de cette année, même si le ministère de la Culture turc assure une partie du financement.

Les intellectuels, force vive

De même, elle insiste sur la présence d'un auteur comme Orhan Pamuk, récemment publié en Turquie, alors qu'il avait lui-même fait l'objet cette censure liée à la loi 301.

Bien sûr, on parlera de la censure en Turquie, aussi bien que dans d'autres parties du monde, mais « aucun agenda politique » n'existait pour cela. On croit plus que jamais au pouvoir des intellectuels. « Ils ne cessent d'agir et de refuser la censure, c'est pour cela qu'il est très pertinent que la Turquie soit l'invitée d'honneur. »

L'an prochain, c'est la Chine qui sera l'invité d'honneur...